Publicité

COP28 : Joe Biden a décidé de ne pas aller à Dubaï au sommet sur le climat, pourquoi sa décision surprend

Le président des États-Unis, pourtant engagé dans la lutte contre le réchauffement climatique, a décidé de ne pas se rendre aux Émirats arabes unis.

INTERNATIONAL - Le roi Charles III, Emmanuel Macron, Rishi Sunak, Bill Gates, Lula... Tous se sont donné rendez-vous à partir de jeudi à Dubaï pour la COP28. Un dirigeant a en revanche décidé de ne pas les rejoindre : le président américain Joe Biden. « Une faute », a estimé le climatologue français Jean Jouzel ce mardi 28 novembre dans l’émission Télématin.

COP 28 à Dubaï : est-il trop tard pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C ?

« C’est très décevant. Cela traduit un manque d’intérêt, que les priorités de nos pays sont tournées vers d’autres problèmes, les conflits en particulier. C’est regrettable car la priorité, elle est bien là », a estimé ce membre historique du Giec (groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat) sur France 2.

Pour Jean Jouzel, les États-Unis, deuxième plus gros émetteur de CO2 dans l’atmosphère, « se devraient de prendre le leadership de cette lutte contre le réchauffement climatique ». Il souligne d’ailleurs que « si nous ne maîtrisons pas le réchauffement climatique, les tensions entre les pays deviendront encore plus fortes ».

« Menace existentielle »

Romuald Sciora, directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’Iris, interrogé par Les Échos, rappelle qu’« un président américain n’est pas tenu » de se rendre à un sommet pour le climat et cite l’exemple de Barack Obama pour la COP21 en 2015. Dans le cas de Joe Biden en revanche, « cela peut paraître surprenant compte tenu de (son) engagement dans la lutte contre le réchauffement climatique », ajoute-t-il.

En effet, le président américain répète que le changement climatique est une « menace existentielle » pour la planète. Il s’est aussi rendu aux deux précédentes COP, au Royaume-Uni et en Égypte, et met un point d’honneur à rompre avec le climatoscepticisme de son prédécesseur (à nouveau en course pour la présidentielle 2024) Donald Trump.

En conférence de presse, la porte-parole de la Maison Blanche Karine Jean-Pierre a également rappelé lundi que Joe Biden « a(vait) piloté et mis en place le programme le plus ambitieux de l’histoire en matière de climat ». Une référence à un plan d’investissements voté en 2021 puis à l’Inflation reduction act (IRA), qui consacrent 500 milliards d’euros à la transition énergétique.

La présence de Joe Biden serait symbolique

Comme l’a deviné Jean Jouzel, c’est le contexte international qui a conduit le président américain à rater la COP28. Si aucune raison n’a été officiellement donnée par la Maison Blanche, un administrateur interrogé par le New York Times a évoqué la guerre au Moyen-Orient et les négociations intenses pour la libération des otages afin de justifier son absence.

De quoi décevoir les militants écologistes américains comme le Sunrise Movement, qui estime auprès de The Hill que Joe Biden « manque une opportunité pour se placer en leader sur le changement climatique ». Le centre pour la diversité biologique fait aussi part de sa désillusion dans le même média, alors que le sommet « est présidé par un baron du pétrole », Sultan Al Jaber.

D’autres spécialistes jugent au contraire que l’absence de Joe Biden ne change pas fondamentalement la teneur des discussions. « Cela va affecter le ton ou les optiques de l’événement dans une certaine mesure, mais je ne pense vraiment pas que la présence de dirigeants soit nécessaire pour conclure des accords », a par exemple déclaré Morgan Bazilian, un ancien négociateur de l’UE pour le climat, toujours dans The Hill.

Xi Jinping, un autre grand absent

David Victor, chercheur au think tank Brookings Institution à Washington, partage cette analyse dans le New York Times : « Je ne vois pas pourquoi il faudrait envoyer un président à un événement qui n’aura pas de résultat marquant ». La décision de Joe Biden signifie aussi qu’« il ne sert pas à grand-chose d’envoyer un président » à cette COP, ajoute-t-il, pessimiste. Les États-Unis seront quand même présent à Dubaï grâce à la présence de John Kerry, l’émissaire américain pour le climat.

Outre Joe Biden, il y aura un autre grand absent à cette réunion planétaire : Xi Jinping. Le président chinois enverra lui aussi une délégation pour représenter son pays, le premier émetteur de CO2 dans le monde.

Cette situation déçoit Alden Meyer, membre du centre de réflexion E3G spécialisé sur le changement climatique, interrogé dans le New York Times. Mais « si les présidents Xi et Biden peuvent construire quelque chose à partir du travail fait par leurs envoyés, ce pourrait être plus utile que leur présence au milieu de dizaines ou de centaines d’autres dirigeants mondiaux dans des dialogues scriptés », tranche-t-il.

À voir également sur Le HuffPost :

Météo France prévoit de la neige en plaine jeudi 30 novembre (mais ça n’a rien de surprenant)

Surf aux JO-2024 : Kelly Slater soutient la mobilisation contre la nouvelle tour à Tehaupo’o

VIDÉO - Jill Biden présente les décorations de la Maison-Blanche avec une performance de la Reine de neiges