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COP28 à Dubaï: des participants pointent "l'ironie" de leur logement face à des usines

Réveil difficile pour certains participants de la COP28, ce sommet international pour le climat qui s'est ouvert jeudi à Dubaï aux Émirats arabes unis. Certains participants signalent être logés près d'usines d'hydrocarbures, comme l'a repéré Le HuffPost.

"Je suis arrivée à Dubaï hier soir. Ce matin, en ouvrant les rideaux de mon hôtel, j'ai découvert ce que je sais maintenant être la plus grande installation de production d'électricité avec du gaz naturel du monde (...) Bienvenue à la COP28", souligne avec un humour amer Tzeporah Berman, une militante écologiste canadienne.

"Quelle ironie, une conférence mondiale visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre en plein milieu d'une production réchauffant le climat", lui répond avec sarcasme la professeure Farhana Sultana, spécialiste des questions environnementales.

Un autre participant, Ed King, décrit avec poésie le contraste entre les "usines à gaz" et le coucher de soleil qu'il aperçoit depuis la fenêtre de son hôtel. "Deux semaines à la COP28 pour décider de l'avenir de ces centrales et des autres systèmes de production à partir d'énergies fossiles. Tenez bon", demande-t-il.

Un événement déjà controversé

Organiser un événement majeur sur le climat auprès de l'un des plus grands exportateurs d'énergies fossiles, principale cause du dérèglement climatique, peut paraître contre intuitif.

La secrétaire d'État, Sarah El Haïry, à la biodiversité estime que cette contradiction rend l'événement "encore plus challengeant", "puisque c'est effectivement un producteur, alors que la sortie des produits pétroliers est au cœur des enjeux climatique", comme elle l'a expliqué sur France info.

Autre controverse, la présidence du sommet, portée par l'Émirati Sultan al-Jaber. Selon une enquête des journalistes spécialisés dans le climat publiée par la BBC, ce patron d'une compagnie pétrolière, a voulu mettre à profit son rôle à la COP pour conclure des marchés dans les énergies fossiles.

En dépit de ces contradictions, les participants ne veulent pas manquer l'événement. C'est ce qu'explique à RMC Anne Bringault, la directrice des programmes au sein de l'ONG Réseau Action Climat: "C'est l'occasion de confronter ces deux secteurs de l'énergie (pétrole et gaz, NDLR) (...) pour leur dire stop. Pour dire haut et fort 'on est chez vous mais on vous dit qu'il faut arrêter ces énergies fossiles". Par leur absence, ces groupes risqueraient de laisser plus de place aux lobbies de l'énergie.

Article original publié sur BFMTV.com