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COP28 à Dubaï: les négociations s'accélèrent, le Sultan Al Jaber appelle à "finir le travail"

Des négociations intenses lors de la dernière ligne droite. Un accord sur la fin du charbon, du pétrole et du gaz reste à trouver à la COP28 à Dubaï, mais les négociations s'accélèrent vendredi à Dubaï dans une atmosphère trépidante, le président émirati Sultan Al Jaber et les ministres des pays s'engageant pour la dernière ligne droite.

"S'il vous plaît, finissons le travail!" a lancé ce dernier vendredi matin aux négociateurs des pays, après la journée traditionnelle de pause de jeudi. Il a mis au travail quatre binômes de ministres des pays développés et du Sud pour débloquer les discussions.

Il a en outre demandé une troisième version du projet d'accord, où les fossiles doivent être cités, dès vendredi après-midi.

Sultan Al Jaber, par ailleurs patron de la compagnie pétrolière Adnoc, a prévenu les 197 pays participants qu'il voulait clôturer la COP à l'heure, mardi à 11 heures locales, ce qui serait exceptionnel: les quatre dernières COP ont toutes dépassé leur fin prévue de plus de 24 heures.

Ce patron à la personnalité méthodique ne cesse lui-même de parler d'une COP historique, depuis le premier soir, le 30 novembre, quand les pays ont adopté une décision historique sur la mise en oeuvre d'un fonds pour aider les pays pauvres à payer pour les "pertes et dommages" climatiques. "Nous avons surpris les sceptiques et inspiré les optimistes", a-t-il insisté vendredi.

Formulations alternatives

Une poignée de pays, dont la Chine, premier consommateur mondial d'énergies fossiles, et l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, se sont opposés pour l'heure à la mention d'une réduction ("phase-down", en anglais) ou d'une sortie ("phase-out") des énergies fossiles dans le projet d'accord.

Leur opposition est en balance avec les deux options de formulation citées dans la 2e version du projet d'accord, datant de mardi: "une sortie juste et ordonnée" des énergies fossiles; ou l'engagement d"accélérer les efforts en vue d'une sortie" de ces combustibles brûlés "sans dispositif de captage des émissions, et de rapidement réduire leur usage pour atteindre la neutralité carbone" d'ici 2050.

Cette dernière formulation fait écho à celle employée par les deux plus puissantes économies mondiales, Etats-Unis et Chine, dans une déclaration commune en novembre: "accélérer suffisamment le déploiement des renouvelables (...) afin d'accélérer le remplacement de la production d'électricité à partir du charbon, du pétrole et du gaz".

Mais des formulations alternatives à ces options peuvent encore surgir: "ce n'est pas binaire ou trinaire, il faudra trouver quelque chose qui permette d'avoir un consensus", confie un négociateur du camp de la sortie.

Obstruction saoudienne

Le groupe des pays arabes et l'Arabie saoudite en particulier sont "très obstructionnistes", confie un observateur membre d'une ONG.

"Ryad veut montrer clairement qu'ils ne changeront pas leur politique énergétique sous pression des militants climatiques", analyse pour l'AFP Umar Karim, expert du pays à l'université de Birmingham.

En même temps, souligne Kristian Ulrichsen, expert du Moyen Orient à la Rice University, "les Saoudiens ne veulent pas apparaître comme isolés". Il estime que le royaume cherchera à faire alliance avec d'autres pays, dont la Chine et la Russie.

Article original publié sur BFMTV.com