Contre les fausses promotions en ligne et au supermarché, voici quelques conseils

Selon foodwatch, certains produits épinglés augmentent scandaleusement leur prix au litre ou au kilo en format spécial, d’autres de quelques centimes seulement.
Selon foodwatch, certains produits épinglés augmentent scandaleusement leur prix au litre ou au kilo en format spécial, d’autres de quelques centimes seulement.

PRIX - Comment s’y retrouver dans la jungle des prix cassés et éviter les fausses bonnes affaires ? C’est l’un des chevaux de bataille de l’UFC-Que Choisir, qui a dénoncé ce mercredi 31 mai les pratiques douteuses et contestables de certains professionnels de l’e-commerce en jouant sur les « prix de comparaison » pour duper les consommateurs.

L’association a déposé une plainte pour pratiques commerciales trompeuses à l’encontre de « Amazon, ASOS, Cdiscount, E.Leclerc, La Redoute, Rue du Commerce, Veepee, et Zalando ». Selon l’enquête d’UFC-Que choisir, sur 6 586 annonces de prix en baisse, seules 3,4 % d’entre elles sont de véritables promotions conformes à la réglementation européenne en vigueur depuis un an.

Que ce soit sur les sites de vente en ligne ou dans les supermarchés, les techniques marketing pour maquiller des promotions qui n’en sont pas sont multiples. Voici quelques conseils pour éviter de se faire berner par de fausses bonnes affaires.

« Prix le plus bas », « prix conseillé », « prix moyen » : regarder les mentions

Pour s’y retrouver dans les promotions en ligne, ça n’est pas évident. « Les vendeurs mélangent les réelles réductions et les simples comparaisons, qui sont toutes présentées dans le même style, avec la même couleur et la même police, rappelle au HuffPost Frithjof Michaelsen, chargé de mission à l’UFC-Que Choisir. Il faut vraiment faire attention à la petite mention, quand il y en a une, qui se trouve à côté du prix barré. »

Concernant les prix barrés avec un nouveau prix plus bas à côté, il faut donc regarder la mention qui accompagne la promotion, souvent écrite en petit, après un astérisque. Si vous lisez « prix le plus bas », il s’agit d’une réelle réduction conforme à la réglementation.

Mais quand il est écrit par exemple « prix conseillé », « prix moyen » ou « prix constaté » ou une autre mention, il faut se méfier. « Quand on voit une offre trop belle pour être vraie, en général c’est une fausse promotion », explique Frithjof Michaelsen.

« Les vendeurs peuvent faire une comparaison avec n’importe quel prix, souligne-t-il. Donc chacun le fait un peu à sa propre sauce. Ce sont des prix artificiellement gonflés. » Même le « prix de vente conseillé par le fabricant » (PVC), seule référence commune que l’on peut retrouver sur différents sites, n’a pas de réelle valeur. « C’est un prix fictif fixé par le fabricant mais qui n’est pas du tout un prix réel du marché », indique-t-il.

Faire ses propres comparatifs

Sur Internet, il existe des comparateurs et des « traqueurs » de prix. Pour Amazon, les extensions Camelcamelcamel ou Keepa permettent de consulter l’historique du prix sur un site marchand et de voir si la « réduction » proposée est significative par rapport au prix du produit habituellement constaté.

Pour les sites comparatifs, il faut bien faire attention à qui est derrière, avec quel intérêt, et vérifier que certains résultats ne soient pas sponsorisés par les fabricants.

Pour Frithjof Michaelsen, ces outils peuvent s’avérer utiles mais ne sont pas infaillibles. Il faut également se méfier de la mention « prix moyen constaté sur une sélection de sites concurrents ». « On ne sait pas quels sont les sites, combien il y en a, si ce sont des sites français ou étrangers… », souligne le chargé de mission de l’UFC-Que Choisir.

Selon l’expert, la seule manière fiable d’obtenir le meilleur prix est de chercher le même produit sur différents sites et comparer soi-même.

Attention aux formats « maxi », « familial » et par « lot »

Parmi les autres fausses promotions auxquelles il faut faire attention, les aliments vendus en grands formats dans les supermarchés peuvent parfois s’avérer être finalement plus chers que ceux en petits formats. C’est que dénonçait en avril dernier foodwatch, une organisation à but non lucratif.

Dans une enquête menée sur une douzaine de produits de grandes marques et des boissons, l’association avait alors noté que certains voyaient leur prix au litre ou au kilo augmenter lorsqu’ils étaient vendus en « FORMAT FAMILIAL », « MAXI FORMAT », en « LOT X2 » ou « LOT X4 ». Sur les lots, on peut comparer le prix d’un paquet de gâteaux à l’unité avec celui du lot de quatre paquets pour vérifier que ce n’est pas plus cher. Ou bien regarder le prix au kilo.

Sur TikTok, certains utilisateurs dénoncent ces « arnaques en grande surface ». Dans la vidéo ci-dessous, une utilisatrice raconte qu’acheter trois paquets d’un produit à l’unité peut revenir finalement moins cher qu’un lot de trois.

@sarahagimenez

Ne vous fait pas avant, je viens de comparer pour vous, les soi-disant promo en-tête de gondole des magasin s est le prix des paquets à l’unité. #delire #promotionmagasin #arnaque #grandesurface #promo

♬ son original - Sarahagimenez

Dans sa vidéo, elle fait l’expérience en direct : elle compare le prix d’un lot de trois paquets de coquillettes Panzani, qui coûte 3,53 €. Or, les paquets à l’unité sont vendus 1,16 €, ce qui, multiplié par trois, donne 3,48 €.

« Le prix au kilo des biscuits Pépito LU augmente de près de 25 % quand ils sont vendus par paquets de deux, des tranches de fromage Gouda chez Cora sont plus chères de 28 % au kilo quand le paquet passe de 200 g à 350 g, des émincés de poulet Fleury Michon plus chers de 11 % lorsqu’ils passent de 150 g à 250 g », donnait comme autres exemples foodwatch.

« Shrinkflation »

Une entourloupe similaire, la « shrinkflation », est réapparue en même temps que l’augmentation des coûts de production pour les fabricants. Contraction du mot anglais shrink, rétrécir, et du mot inflation, c’est un procédé marketing qui consiste à réduire les quantités de certains produits sans en informer les consommateurs, tout en les gardant au même prix.

Une enquête de la répression des fraudes réalisée en janvier dernier montrait que des anomalies avaient été détectées dans 11 % des commerces visités et dans sept des 31 usines contrôlées. Elles concernaient surtout des tablettes de chocolat, des produits ménagers et d’hygiène, mais aussi des yaourts, de la farine, du café, du sucre, des charcuteries, des pâtes, du lait et des frites.

Exemple pour le Kiri, dont les portions qui pesaient 20 g en 2021 faisaient désormais 18 g en 2022. Pour le même prix, rapportait foodwatch.

Attention aussi à la confusion possible dans les étalages en tête de rayon : il arrive que les supermarchés regroupent plusieurs références semblables de la même marque, certaines bénéficiant d’une remise et d’autres non. Ou que certaines références ne soient tout simplement pas présentées au bout de l’allée, comme le raconte cet autre utilisateur de TikTok.

Une méprise qui peut passer inaperçue en caisse si on ne vérifie pas que le prix à payer est le même que celui affiché en rayon. « On se fait carotter, c’est ouf », s’agace le client.

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