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Contraception : en France, la vasectomie gagne en popularité, mais reste marginale

Le nombre de vasectomies pratiquées en France a été mutiplié par quinze entre 2010 et 2022.
Getty Images/iStockphoto Le nombre de vasectomies pratiquées en France a été mutiplié par quinze entre 2010 et 2022.

SANTÉ - Tout doucement, les mentalités changent au sujet de la contraception. En atteste cette étude publiée ce lundi 12 juillet par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et l’Assurance maladie : la vasectomie est de plus en plus pratiquée chez les hommes français. Mais la France reste loin derrière d’autres pays comme les États-Unis, et ce choix de contraception est encore marginal.

La vasectomie, futur moyen de contraception privilégié aux États-Unis?

« Le nombre de vasectomies a augmenté chaque année depuis 2010, passant de 1 940 vasectomies en 2010 à 30 288 en 2022, soit une multiplication par quinze », indiquent les auteurs de l’étude, supervisée par l’épidémiologiste Mahmoud Zureik.

La vasectomie, autorisée en France depuis 2001, est une forme de stérilisation : elle consiste à bloquer les spermatozoïdes via une ligature des canaux déférents qui les transportent depuis les testicules. On la considère comme une contraception définitive, car elle n’est que très rarement réversible. Elle n’empêche pas l’éjaculation, et n’a aucune incidence sur la vie sexuelle.

Énorme retard par rapport à d’autres pays

En 2021 et 2022, il y a eu davantage de stérilisations masculines que de stérilisations féminines. Les auteurs de l’étude y voient en partie la conséquence de l’affaire des implants Essure, couramment utilisés en France comme méthode de stérilisation féminine avant d’être retirés du marché à la fin des années 2010 à cause d’effets indésirables.

Pour autant, si les vasectomies sont en hausse, elles partent de si bas que leur fréquence reste faible : environ 0,15 % des hommes concernés – soit, selon l’étude, les adultes de moins de 70 ans – ont fait ce choix en 2022.

En France, la vasectomie est longtemps restée extrêmement rare, à l’inverse de nombreux pays où elle est entrée dans les mœurs parmi d’autres méthodes de contraception. En Australie, par exemple, un homme sur quatre de plus de 40 ans a fait une vasectomie. Aux États-Unis, plus de 500 000 vasectomies sont pratiquées par an, selon cette étude de ScienceDirect.

Même si « la France semble progressivement combler son retard (...), les niveaux demeurent inférieurs à ceux des pays leaders en matière de contraception définitive », conclut l’étude.

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