Ce que contient le grand plan social et climatique de Biden, définitivement adopté

Photo du Sénat vendredi 12 août 2022, après le vote du plan d'investissements de Joe Biden - CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP
Photo du Sénat vendredi 12 août 2022, après le vote du plan d'investissements de Joe Biden - CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP

Un gros coup de pouce pour les énergies renouvelables, des médicaments moins chers et un impôt sur les sociétés: voici ce que prévoit le grand plan d'investissements de plus de 430 milliards de dollars de Joe Biden, définitivement adopté vendredi par le Congrès américain.

Le texte, duquel plusieurs amendements démocrates ont toutefois été retirés, doit mettre le pays sur la bonne trajectoire pour atteindre ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre. Il sera promulgué par Joe Biden la semaine prochaine, a indiqué le président dans un tweet.

Le camp républicain accuse pour sa part le texte de générer des dépenses publiques inutiles, et fustige l'utilisation du fisc américain pour les financer. L'ancien président Donald Trump avait appelé sur son réseau social Truth Social tous les républicains à se prononcer contre.

· 370 milliards pour le climat

C'est le plus grand investissement jamais vu aux États-Unis dans la lutte contre le changement climatique: 370 milliards de dollars pour le climat sont prévus dans ce texte.

Plutôt que des sanctions contre les pollueurs, le projet de loi prévoit une série d'incitations financières destinées à faire évoluer l'économie américaine vers des sources d'énergie non fossiles. Une série de crédits d'impôt pour les producteurs et les consommateurs d'énergie éolienne, solaire et nucléaire ont été provisionnés.

Sous cette réforme, un Américain recevra jusqu'à 7500 dollars en crédits d'impôts pour l'achat d'une voiture électrique. L'installation de panneaux solaires sur son toit sera prise en charge à 30%. Quelque 60 milliards de dollars sont également prévus pour la construction d'éoliennes, panneaux solaires et véhicules électriques aux États-Unis.

La même somme est allouée à une série de programmes pour assister les ménages les plus modestes dans leur transition énergétique, notamment via la rénovation de leur logement. Des investissements massifs pour renforcer la résilience des forêts face aux incendies qui ravagent le pays et protéger les zones côtières des ouragans figurent également dans cette réforme.

Ce projet doit permettre aux États-Unis de réduire leurs émissions de CO2 de 40% d'ici 2030 par rapport à 2005.

· 64 milliards pour la santé

Le second volet de ce grand plan d'investissements entend corriger en partie les immenses inégalités dans l'accès aux soins aux États-Unis, notamment en baissant le prix des médicaments.

Medicare, un système public d'assurance santé destiné aux plus de 65 ans et à ceux aux revenus les plus modestes, va pour la première fois pouvoir négocier directement les prix de certains médicaments avec les laboratoires pharmaceutiques, et ainsi obtenir des tarifs plus concurrentiels. Le plan obligera aussi les groupes pharmaceutiques à offrir des remises aux consommateurs pour certains médicaments dont le prix augmente plus vite que l'inflation.

Le projet de loi prévoit par ailleurs de prolonger jusqu'à 2025 les protections de l'"Affordable Care Act", l'emblématique assurance santé plus connue sous le nom d'"Obamacare", la loi phare de Barack Obama.

· Les entreprises taxées à 15%

En parallèle de ces investissements massifs, le "Inflation Reduction Act", comme il est baptisé, entend réduire le déficit public via l'adoption d'un taux d'imposition minimal de 15% pour toutes les sociétés dont les profits dépassent le milliard de dollars.

Ce nouvel impôt vise à empêcher certaines grosses sociétés d'utiliser les niches fiscales qui leur permettaient jusqu'ici de payer beaucoup moins que le taux théorique.

Selon les estimations, cette mesure pourrait générer plus de 258 milliards de dollars en recettes pour l'État fédéral américain au cours des 10 prochaines années.

Article original publié sur BFMTV.com