Congrès des LR: les raisons qui ont poussé Xavier Bertrand à changer d'avis

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Le candidat à la présidentielle de 2022 Xavier Bertrand (ex-LR) sur le plateau de TF1, le 11 octobre 2021
 - Thomas SAMSON
 © 2019 AFP
Le candidat à la présidentielle de 2022 Xavier Bertrand (ex-LR) sur le plateau de TF1, le 11 octobre 2021 - Thomas SAMSON © 2019 AFP

"Dites à Macron de faire ses bagages! On a gagné", fanfaronne Roger Karoutchi. L'ancien secrétaire d'État au Parlement a beau être un soutien de Valérie Pécresse, la phrase a le mérite de la clarté. A droite, tout le monde est très heureux que Xavier Bertrand rentre finalement dans le rang en se présentant au congrès des LR le 4 décembre prochain.

Le 30 septembre, sur France 2, le patron des Hauts-de-France s'était pourtant exprimé sans détour. "Je ne veux pas d'un congrès d'affrontement. Plutôt que de s'opposer les uns aux autres (...), il faut que l'on se rencontre très rapidement, avant le 13 octobre" avec Michel Barnier et Valérie Pécresse, avait-il expliqué.

La raison de la sincérité

L'ancien ministre du Travail a-t-il vraiment cru que ses concurrents allaient se retirer à son profit pour être seul sur la ligne de départ?

"Oui, il était sincère dans cette démarche. A ce moment-là, il pense que la raison va l'emporter et qu'évidemment, Pécresse et Barnier veulent faire gagner notre famille politique. Ils savent qu'ils n'ont aucune chance de battre Macron donc la logique les pousserait à rejoindre Bertrand", analyse pour BFMTV.com un élu local, proche du candidat.

Mais rien ne se passe. Valérie Pécresse lui répond sans détour. "Il n'y pas de candidat naturel. A partir de ce moment-là, il faut jouer collectif", estime le lendemain la présidente de la Région Ile-de-France, au micro de BFMTV .

Même son de cloche du côté de Michel Barnier. "Tous ceux qui veulent le soutien de notre famille doivent être loyaux", a estimé l'ex-négociateur pour le Brexit sur notre antenne ce lundi.

Voir s'échapper les investitures

Parmi les lieutenants de la Bertrandie, certains commencaient à broyer du noir ces deniers jours. "On a compris que si notre candidat décidait vraiment de ne pas aller au congrès, on allait se retrouver avec deux candidats de droite en janvier. Et que ça, personne ne le pardonnerait, ni parmi nos électeurs ni parmi l'état-major du parti", lâche un député.

Les législatives sont déjà dans toutes les têtes et à l'Assemblée nationale, les supporters de l'ancien ministre du Travail se demandent ce que deviendraient leurs investitures en cas de candidature dissidente de leur champion.

"Bien sûr que son entourage a joué en fonction de ses propres intérêts. Quand vous êtes député, vous avez envie d'être réinvesti pour les prochaines législatives avec l'étiquette LR. Il a forcément reçu ce message", confirme d'ailleurs William Thay, le président du Millénaire, un think tank proche des LR.

Des militants de moins en moins refroidis

Autre inquiétude qui a pesé dans la balance pour participer finalement au congrès: celle du regard des militants, très remontés contre Xavier Bertrand depuis qu'il a claqué la porte des LR en 2017.

"L'attitude des adhérents a beaucoup changé ces dernières semaines. Il y a quelque temps, ce n'était pas aussi clair que ça qu'ils étaient prêts à voter Xavier Bertrand. Le regard sur lui a changé, je le vois bien. Nos encartés sentent bien que c'est la seule chance de gagner en 2022", estime Jérôme Bascher, sénateur de l'Oise, qui se considère comme un "ami" de Xavier Bertrand.

"C'est vrai qu'il prend un risque. Le corps électoral qui le désignera, c'est celui des adhérents qui n'est pas celui qu'il privilégiait initialement. Mais c'est un risque calculé. Il fait le pari que les militants détestent plus Macron qu'ils ne lui en veuillent d'avoir quitté les LR et qu'ils veulent vraiment gagner après deux présidentielles perdues", nuance Roger Karoutchi.

Besoin d'argent

La question du financement de la campagne a également fortement pesé dans le choix de Xavier Bertrand. "Le parti va participer à hauteur de 8 millions d'euros. Vous couplez cette force de frappe financière à celle des adhérents qui vont être hyper présents sur le terrain", avance également Théo Michel, membre du bureau politique des Républicains. Loin, très loin des finances de la Manufacture, le micro-parti de l'élu et de ses quelques centaines de militants.

Enfin, les sondages ont achevé de convaincre l'ancien maire de Saint-Quentin de participer au processus de désignation des LR. Pour la première fois ce lundi, un sondage IFOP pour Sud radio indiquait que Xavier Bertrand était en capacité de se qualifier pour le second tour. "Ca a levé quelque chose dans sa tête, une sorte de blocage psychologique", estime l'un de ses lieutenants. Reste désormais à parler au coeur des militants.

Article original publié sur BFMTV.com

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