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Conflit au Soudan : bombardements à Khartoum, malgré l'annonce d'une nouvelle trêve

Les dirigeants de l'armée et des forces paramilitaires en guerre au Soudan ont convenu d'une trêve de sept jours, du 4 au 11 mai, lors d'un entretien téléphonique avec le président sud-soudanais Salva Kiir, a annoncé mardi le ministère sud-soudanais des Affaires étrangères.

Bombardements aériens

Les combats acharnés se poursuivaient mardi au Soudan entre l'armée et les paramilitaires, provoquant une "catastrophe" humanitaire, selon la communauté internationale qui multiplie les initiatives sur le terrain diplomatique.

A Khartoum, des témoins interrogés par l'AFP ont fait état de "coups de feu, d'avions militaires et de tirs antiaériens". D'autres ont confirmé des "bombardements aériens" dans différents quartiers de la capitale en proie au chaos depuis que le chef de l'armée Abdel Fattah al-Burhane et son second, Mohamed Hamdane Daglo, à la tête des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), sont entrés en guerre pour le pouvoir le 15 avril.

Plus de 500 personnes ont été tuées, principalement à Khartoum et au Darfour (ouest), et des milliers d'autres ont été blessées, selon un bilan largement sous-évalué.

Une nouvelle trêve, violée dès son début, doit s'achever mercredi à minuit. Elle permet néanmoins la poursuite des évacuations, la Russie et le Pakistan ayant annoncé mardi le départ de centaines de leurs ressortissants.

Plus de 330 000 personnes ont été déplacées et 100 000 sont parties vers les pays voisins, selon l'ONU qui s'attend à huit fois plus de réfugiés. Ceux qui restent endurent des pénuries d'eau, d'électricité et de nourriture à Khartoum, l'une des villes les plus chaudes du monde.

Le conflit a plongé le pays, l'un des plus pauvres au monde, dans une "véritable catastrophe", selon l'ONU qui n'a reçu "que 14%" des fonds réclamés cette année : 1,5 milliard de dollars manquent à l'appel.

Les généraux rivaux sourds aux appels à la paix

Pour le président kenyan William Ruto, l'un des médiateurs régionaux, les deux généraux refusent "d'entendre les appels" de la communauté internationale.

Américains, Saoudiens et dirigeants africains cherchent pour le moment à faire respecter la trêve. Sur ce point, les deux belligérants assurent "être prêts à entamer des discussions techniques", a dit l'émissaire de l'ONU au Soudan, Volker Perthes. Mais elles ne seront "pas en face à face" et "pourraient se tenir en Arabie saoudite", avant qu'un retour aux négociations politiques soit envisageable, a-t-il martelé.

Les deux rivaux avaient fait front commun en 2021 pour évincer par un putsch les civils avec lesquels ils partageaient le pouvoir depuis la chute du dictateur Omar el-Béchir deux ans plus tôt. Mais des divergences sont ensuite apparues pour se transformer en guerre ouverte lorsque les rivaux en treillis n'ont pas réussi à s'entendre sur l'intégration des FSR dans l'armée.

Situation critique au Darfour

Depuis Nairobi, le responsable de l'ONU pour les affaires humanitaires, Martin Griffiths, tente de négocier l'entrée de l'aide alors que les bombardements et les pillages n'ont épargné ni les hôpitaux ni les organisations humanitaires.

L'aide parvient toutefois au compte-gouttes : MSF a acheminé "dix tonnes" de fournitures médicales mardi après six conteneurs de l'OMS et un avion de la Croix-Rouge.

La situation est plus critique encore au Darfour-Ouest, frontalier du Tchad, où les violences ont tué, selon l'ONU, une centaine de personnes depuis la semaine dernière, dans cette région traumatisée par une guerre sanglante dans les années 2000.

AFP