Condamné pour le meurtre d’un mineur, il sort pour l’anniversaire de sa mère et poignarde un chauffeur de taxi

Le meurtrier d'un mineur sort de prison et poignarde un chauffeur de taxi - Getty Images/iStockphoto (Getty Images/iStockphoto)

Le 23 août dernier, l’homme condamné pour le meurtre de Maxime Roussel, 14 ans, a été autorisé à sortir de prison pour une journée, pour fêter l’anniversaire de sa mère. Il n’est pas retourné en prison et a poignardé un chauffeur de taxi au cou.

La justice a parfois ses raisons que la raison ignore. C’est en tout cas ce que semble penser la famille de Maxime Roussel, violemment assassiné le 10 janvier 2012 par un individu désigné par nos confrères du journal Le Parisien sous l’unique prénom de Jeffrey. Celui-ci a reçu un droit de sortie pour la journée du 23 août 2022 afin de fêter l’anniversaire de sa mère. Ce qu’il a fait, avant de renoncer à regagner sa cellule puis de poignarder un chauffeur de taxi.

Condamné à 22 ans de prison, Jeffrey entretient avec sa mère une relation jugée fusionnelle par un expert psychologue ayant étudié son cas. La juge d’application des peines (JAP) aurait donc accordé cette sortie au meurtrier dans le but de maintenir ses liens familiaux, ce qui peut s’avérer crucial pour certains détenus. L’expert avait également jugé que "mère et fils n’(occupaient) pas leurs places respectives". Malgré cette relation particulière, la génitrice de Jeffrey s’était engagée à surveiller son fils de son départ de la prison à son retour.

La famille n’a pas été prévenue

C’est d’ailleurs ce qu’elle a fait puisqu’elle l’a elle-même déposé devant le centre de détention au soir du 23 août mais dit ne pas l’avoir vu entrer à l’intérieur. Et pour cause, Jeffrey n’est jamais retourné dans sa cellule ce soir-là. Il a préféré errer durant plusieurs jours jusqu’à finir par se retrouver dans le quartier de la gare de Lyon, dans le XIIe arrondissement de Paris. Dans la nuit du 30 au 31 août, c’est de là qu’il a fini par monter dans un taxi pour se rendre à Saint-Forget, dans les Yvelines. Mais une fois sur place, Jeffrey poignarde le chauffeur de taxi au niveau du cou, comme il l’avait fait pour Maxime Roussel. Heureusement pour la victime, la lame se casse et elle parvient à s’enfuir. Le meurtrier est finalement interpellé à Elbeuf, en Seine-Maritime, après s’être assis à la place du chauffeur.

Si la JAP défend sa décision, la famille de Maxime Roussel, elle, ne la comprend pas. "Cette nouvelle affaire a replongé la famille dans les heures les plus sombres de leur vie. C’est une question d’humanité. On ne demande pas leur avis à ceux qui ont le plus souffert. Ils ne veulent pas être de simples dommages collatéraux", explique leur avocat, Me Simoneau, à nos confrères du Parisien. Les parents du jeune homme n’ont pas été informés de la sortie de prison de Jeffrey. La JAP estimait que la situation ne tombait pas sous le coup de l’article 706-47 du Code de procédure pénale, qui oblige à avertir les parties civiles. La permission avait en effet été accordée pour "un temps restreint et dans une zone géographique éloignée de plusieurs centaines de kilomètres du domicile des parties civiles".

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