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"Je comprends le combat des agriculteurs": l'ex-rugbyman Louis Picamoles témoigne après avoir renoncé à élever des chèvres

Le sujet lui tient particulièrement à cœur. Louis Picamoles, ancien capitaine du XV de France (82 sélections), comprend et partage la colère des agriculteurs qui bloquent, ce vendredi, plusieurs grands axes routiers en France pour dénoncer les lourdeurs administratives et les normes à respecter, entre autres. À l’issue de sa riche carrière en 2022, l’ancien troisième ligne a lui-même voulu embrasser une reconversion dans le monde agricole, comme éleveur de chèvres. "J’avais envie de trouver quelque chose qui me rapproche de la terre", a-t-il justifié ce vendredi 26 janvier sur BFMTV.

Après avoir entamé les démarches, il a finalement renoncé l’été dernier pour se tourner vers les assurances. Il pointe du doigt les mêmes maux que ceux dénoncés par les agriculteurs à travers la France. Picamoles a abandonné "pour des raisons économiques, entre l’augmentation des prix, les coûts des matériaux, les taux bancaires qui ont explosé".

"Cette crainte d’amener ma famille face à de grandes difficultés"

"La demande du monde agricole est d’alléger cette partie administrative très, très lourde et très pesante quand on est dans un processus d’installation", détaille l’ancien joueur de Montpellier et de Toulouse. "On demande énormément de paperasse et de normes à respecter pour mener à bien ce projet. Quand on passe toutes ces étapes – chose qu’on avait faite -, on arrive face aux difficultés économiques dues au montant des travaux qui ont complètement explosé. Avec les crises successives, on a pris 30 voire 40% d’augmentation sur certains corps de métier."

Sa longue carrière au plus haut niveau lui offrait une certaine marge pour lancer ce projet "mais ça hypothéquait les choses que je pouvais avoir à côté et ce n’est pas concevable". "Je n’imagine même pas un jeune agriculteur qui voudrait avoir un projet comme le mien à taille humaine", poursuit-il. "Je ne sais même pas s’il va au bout de la paperasse." Lui s’est arrêté faute de savoir où il sera dans "trois, quatre ans". "Ce qui m’a fait dire ‘on arrête’, c’était cette crainte d’amener ma famille dans quelque chose qui était voué à nous mettre face à de grandes difficultés".

Picamoles se fait l’un des porte-paroles de la colère agricole par son engagement sur la liste Alliance rurale pour les élections européennes. "Cet engagement a pris beaucoup de sens avec cet échec dans l’envie de m’installer dans l’agriculture", ajoute-t-il. "J’ai envie d’essayer de faire entendre cette souffrance du monde agricole et d’essayer de voir si on faut bouger les choses. Je ne suis pas un politique, c’est un monde que je découvre. Mais on va essayer de faire entendre cette pression et ressenti que peut avoir le monde rural dans son ensemble, voir si on peut essayer de faire bouger les choses."

"Je comprends leur combat parce que j’y étais confronté alors que je n’étais pas installé", conclut-il. "Pendant trois ans dans mon parcours d’installation et dans mes formations agricoles, j’ai rencontré énormément d’éleveurs et d’agriculteurs, je sais que ça peut être difficile. Beaucoup ont essayé de me dissuader. Ça me choquait à ce moment-là."

Article original publié sur RMC Sport