TOUT COMPRENDRE - Fraude: de quoi Le Pen et son entourage sont-ils accusés par un rapport européen?

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Marine Le Pen à Avignon, lors de son meeting du 14 avril 2022 - Christophe Simon - AFP / BFMTV
Marine Le Pen à Avignon, lors de son meeting du 14 avril 2022 - Christophe Simon - AFP / BFMTV

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Un rapport de l'Office européen de lutte antifraude (Olaf) accuse Marine Le Pen et trois autres anciens députés européens du Rassemblement national (RN) d'avoir détourné 600.000 euros d'argent public. Un montant lié à l'exercice de leur mandat au Parlement de Strasbourg à l'époque. Transmis le mois dernier à la justice français, le document a été révélé par Mediapart samedi après-midi.

Personnalités visées en plus de la candidate du Rassemblement national à la présidentielle, réaction du camp de Marine Le Pen - qui conteste fermement ces accusations. En passant par les fins auxquelles les sommes détournées auraient été employées et l'état actuel des investigations: BFMTV.com fait ce dimanche le point sur cette affaire.

• Contre quelles personnalités les accusations portent-elles?

Ils sont quatre dirigeants - ou ancien dirigeants - du RN ayant été parlementaires européens à se retrouver dans la mire de l'Olaf et de ses accusations de fraude. Outre Marine Le Pen, les soupçons concernent son père, Jean-Marie Le Pen, l'actuel maire de Perpignan, Louis Aliot, ainsi que l'ancien numéro 2 du Front national et figure historique du parti, Bruno Gollnisch.

Ces personnalités ont en commun d'être ou d'avoir été des cadres essentiels du mouvement d'extrême droite, et d'être tous d'anciens députés européens. Marine Le Pen a officié au Parlement de Strasbourg entre 2004 et 2017, date à laquelle elle a pris son siège au Palais-Bourbon,en tant que députée élue dans le Pas-de-Calais. Louis Aliot a dû renoncer à son mandat européen au même moment et pour les mêmes raisons, décrochant sa circonscription dans les Pyrénées-Orientales.

Jean-Marie Le Pen a conservé quant à lui son mandat jusqu'en 2019, tout comme Bruno Gollnisch.

• De quoi s'agit-il ?

Le rapport produit par l'Olaf porte sur l'enveloppe dévolue aux groupes politiques du Parlement européen et censée couvrir les frais des députés européens dans le cadre de leurs fonctions. Or, Marine Le Pen, Louis Aliot, Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch sont accusés d'avoir détourné ces versements de leur destination originelle en s'en servant pour régler des dépenses personnelles, des prestations auprès d'entreprises proches du RN ou du groupe parlementaire d'extrême droite Europe des nations et des libertés - co-présidé par Marine Le Pen entre 2015 et 2017 - ou encore à des visées de politique nationale.

Selon cette enquête, ce sont donc 600.000 euros d'argent public qui ont été indûment dépensés, dont 137.000 euros par la seule Marine Le Pen. Dans le détail, le document incrimine Jean-Marie Le Pen à hauteur de 303.000 euros environ, Bruno Gollnisch de 43.000 euros. Louis Aliot est accusé pour sa part d'avoir mal employé un peu moins de 2500 euros.

Dans un extrait du rapport, cité par Mediapart, l'Olaf fustige des "actes intentionnels répétés" et tance un "comportement inapproprié", "compte tenu" du "niveau de fonctions et de responsabilités" de ces dirigeants au Parlement européen. Des actes dont l'Olaf estime encore qu'ils "constituent des motifs suffisants étayant une faute grave commise par ces quatre anciens députés".

"Leur comportement et leur non-respect des règles signifient qu’ils devraient être tenus responsables de leurs violations graves", ajoute l'instance.

• Où en est la procédure ?

L'Olaf préconise tout d'abord le recouvrement de ces sommes et évoque même de possibles "poursuites pénales". Celles-ci sont susceptibles d'être placées sous les chefs suivants d'après Mediapart: escroquerie, faux, abus de confiance, détournement de fonds publics.

C'est la justice française qui décidera de l'évolution à donner à ce dossier, qui lui a été transmis le 11 mars dernier. Le parquet de Paris a précisé que les éléments recueillis par ces investigations étaient en cours d'analyse.

• Comment ont réagi Marine Le Pen et son entourage ?

Marine Le Pen n'a pas directement répondu à ces allégations portées contre elle pour le moment. Pas plus que les trois autres personnes mentionnées. Pour autant, le camp de la candidate a vigoureusement démenti ces accusations.

Dans un premier temps, via son avocat Rodolphe Bosselut. S'exprimant auprès de BFMTV samedi soir, celui-ci a déclaré: "Marine Le Pen le conteste. Elle conteste sans avoir accès au rapport, sans avoir accès aux éléments d'accusation. C'est une instrumentalisation, mais je ne suis malheureusement pas surpris".

Le conseil a assuré que l'Olaf avait débuté son enquête il y a déjà six ans, déplorant: "Je crois que l'enquête de l'Olaf a débuté en 2016, et on vient expliquer qu'elle a été transmise à la justice ces jours-ci". L'avocat a de surcroît dénoncé "des enquêtes menées d'une manière qui n'est quand même pas très conforme aux règles les plus essentielles et les plus basiques des droits de la défense."

Sur notre plateau ce dimanche à la mi-journée, Sébastien Chenu, député élu dans le Nord et porte-parole du RN, est également monté au créneau. Qualifiant l'affaire de "boule puante à une semaine du second tour", il a dépeint l'Olaf comme le "bras armée de l'Union européenne", regrettant son "ingérence permanente" sur la scène publique française.

Philippe Olivier, conseiller spécial de la candidate d'extrême droite, a lui choisi de 'exprimer sur Twitter: "Le pays où le pouvoir tente de 'criminaliser' les opposants par des montages grossiers s'appelle une dictature".

Plus tôt, Jordan Bardella, président par intérim du Rassemblement national et lui-même député européen depuis 2019, avait indiqué au micro d'Europe 1 ce dimanche: "L’Olaf est un office contre lequel nous avons déjà déposé plainte à deux reprises. Et donc il y aura une troisième plainte."

Article original publié sur BFMTV.com

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