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Comment les compagnies aériennes ont gentrifié le ciel

Des sièges plus larges, des dossiers inclinables, plus d’espace pour les jambes, des menus gastronomiques et tout le nécessaire pour se divertir ou travailler… C’est en gros la promesse des classes économiques “premium” lancées au lendemain de la pandémie par quelques compagnies aériennes, telle Emirates Airlines, réputées plus haut de gamme que d’autres.

De quoi prévenir la claustrophobie sur les vols long-courriers, mais tout de même pas le vrai confort proposé à prix d’or par les classes Affaires ou les premières classes, note El País. Une sorte de “paradis low cost”, une classe “éco” améliorée ou une classe Affaires “light”, destinée à ceux qui veulent – et qui peuvent – payer de 30 à 40 % plus cher “pour s’affranchir des contraintes économiques”.

Or le concept s’est révélé à la fois très séduisant pour les passagers et très rentable pour les compagnies, souligne le quotidien espagnol. Au point qu’il a été adopté par la plupart des transporteurs, de British Airways à Air France, en passant par Iberia, Cathay Pacific, Virgin, Qantas ou Lufthansa.

En classe éco, des taux de satisfaction qui s’effondrent

En l’occurrence, les compagnies aériennes ont raisonné comme les promoteurs immobiliers, analyse Uzma Khan, spécialiste du marketing à l’Université de Miami. “Ils ont considéré qu’ils louaient des parcelles dans les airs. Et que la taille de ces parcelles était une denrée aussi précieuse que les mètres carrés au centre de villes aussi densément peuplées – et chères – que Paris, New York ou Londres.” Une fois trouvé le créneau, il ne leur restait plus qu’à systématiser leur stratégie.

Les transporteurs distinguent donc désormais trois types de clientèle : l’“élite” économique, les passagers “ordinaires” et ceux qui appartiennent à “une nouvelle classe moyenne ambitieuse”, selon les termes d’El País.

Avec cette conséquence que les taux de satisfaction des passagers contraints de continuer à voler en classe économique se sont effondrés, comme le montrent les études récentes. “Un gouffre s’est creusé, en termes de luxe, de service client et de confort, entre la classe économique ordinaire et la classe économique améliorée”, remarquait déjà Jessica Puckett, dans le magazine Condé Nast Traveler, il y a deux ans.

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