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La Commission européenne suit de près la situation médiatique en Pologne

La Commission européenne suit de près les décisions concernant l'audiovisuel public polonais et se dit prête à agir si nécessaire, assure la vice-présidente de l'institution, Vera Jourova.

Le nouveau gouvernement pro-européen à Varsovie, dirigé par Donald Tusk, a interrompu pendant quelques heures la diffusion de la télévision nationale et a licencié ses dirigeants dans le but de dépolitiser les médias publics.

La décision a entraîné une vague de manifestations organisées par l'opposition. Le président polonais Andrej Duda, proche du gouvernement ultraconservateur précédent, a lui aussi dénoncé cette initiative.

"Nous sommes toujours inquiets lorsque nous constatons des changements au sein des médias publics. C'est pourquoi j'ai proposé la loi sur la liberté des médias. Mais la loi sur la liberté des médias n'est pas encore en vigueur. C'est ce que j'ai essayé d'expliquer aujourd'hui au président Duda : nous ne pouvons pas agir, dans le cadre de nos compétences, sans disposer de la loi ", explique Vera Jourova.

"Nous observons et évaluons très attentivement ce qui se passe en Pologne dans le domaine des médias. Et s'il y a une contradiction avec la législation européenne existante, nous devrons agir", poursuit-elle.

Interrogée par Euronews, Vera Jourova demande aussi des mesures supplémentaires de la part de la Hongrie après la remise par le gouvernement de son projet de réforme judiciaire afin de débloquer des fonds européens. La Commission a décidé en décembre de verser 10 milliards d'euros à Budapest, un choix très critiqué par les eurodéputés.

L'UE a suspendu depuis 2022 une partie de l'enveloppe destinée à la Hongrie à cause des atteintes portées à l'Etat de droit et aux risques de corruption.

"Il y a beaucoup de problèmes en Hongrie. Il ne s'agit pas seulement du système judiciaire, mais aussi de la liberté des médias. Il s'agit de la liberté académique et du système que nous voyons. L'État est l'égal du parti et le parti a beaucoup de pouvoir. C'est la raison pour laquelle nous avons bloqué beaucoup d'argent", précise la vice-présidente de la Commission.

"Pour débloquer l'argent, la Hongrie doit faire des choses concrètes. La Hongrie a fait certaines choses. Elle a introduit des changements dans le système judiciaire. Nous avons donc débloqué une partie de l'argent. Mais une grande partie des fonds attend toujours une nouvelle action de la part de la Hongrie", insiste la responsable tchèque.

Le Parlement européen se prononcera jeudi sur une résolution qui propose de poursuivre la Commission devant la justice si elle devait débloquer davantage d'argent pour la Hongrie.