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Comment votre sommeil peut permettre de diagnostiquer la maladie d'Alzheimer ?

Le sommeil paradoxal est une période pendant laquelle l'activité cérébrale est proche de la phase d'éveil (Getty Images)

Une étude relayée par l'Inserm met en avant le lien entre l'apparition de troubles du sommeil et le dépistage précoce de la maladie d'Alzheimer.

La maladie d'Alzheimer est la plus fréquente des maladies neurodégénératives avec plus de 225 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année. Elle est la conséquence de l'accumulation de protéine amyloïde dans le cerveau. Si la recherche avance concernant les facteurs de risque et les mécanismes d'apparition, il reste toujours impossible de guérir la maladie d'Alzheimer.

En plus de troubles de la mémoire, des fonctions exécutives et des problèmes d'orientation, la maladie peut se manifester également par des troubles du langage, de l'humeur et du sommeil. Les scientifiques cherchent à identifier la présence de la maladie le plus tôt possible afin de mettre en place une prise en charge adaptée. Chez les patients atteints par la maladie d'Alzheimer, des troubles du sommeil surviennent généralement avant même la pose du diagnostic. Des chercheurs du GIP Cyceron (Caen) ont analysé le lien entre le sommeil paradoxal et la présence de dépôts neurotoxiques dans le cerveau.

Un lien entre sommeil paradoxal et démence

Comme le rappelle l'Inserm, la plupart du temps, les troubles du sommeil débutent avant l'apparition de la démence. Ainsi, repérer en amont ces troubles permettrait d'identifier les personnes à risque et de mettre en place une prévention. L'équipe de Géraldine Rauchs s'est concentrée sur les troubles qui surviennent lors de la phase de sommeil paradoxal, comme l'explique l'Inserm dans un communiqué relatif à cette étude : "Ces travaux ont montré une association entre l’accumulation de protéines amyloïdes et les troubles du sommeil lent. (...) Tout d’abord, il (le sommeil paradoxal) implique des neurones qui sont précocement atteints dans la maladie d’Alzheimer, les neurones de type cholinergiques. De plus, des modifications du sommeil paradoxal s’observent dès les stades précoces de la maladie, avant celles qui touchent le sommeil lent". Le sommeil paradoxal est une période pendant laquelle l'activité cérébrale est proche de la phase d'éveil. Les chercheurs estiment que leurs découvertes confortent "l’hypothèse d’un lien entre modifications précoces du sommeil paradoxal et risque d’évolution vers la démence".

"L’augmentation de la perfusion cérébrale dans les régions qui présentent davantage de dépôts amyloïdes pourrait refléter un mécanisme compensatoire transitoire pour aider à y maintenir une activité neuronale habituelle. Mais il pourrait être délétère à plus long terme, puisqu’une hyperactivité neuronale est connue pour favoriser l’accumulation de protéine amyloïde", suggère la scientifique. Avant de conclure : "Nous allons continuer à suivre les participants de la cohorte déjà constituée. Nous allons donc pouvoir étudier leur évolution cognitive et évaluer si leurs troubles du sommeil ont une valeur prédictive d’évolution vers la maladie d’Alzheimer".

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