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La Colombie se souvient encore avec effroi de Pablo Escobar, mort il y a trente ans

Dans certains quartiers de Medellín, la ville qu’il a rendue célèbre, Pablo Escobar est encore considéré comme une sorte de Robin des Bois, un héros qui redistribuait l’argent de la drogue aux plus défavorisés. Mais pour la plupart des Colombiens, c’est surtout le symbole d’une des pires époques d’un pays pourtant habitué à la violence, où les bombes et les assassinats rythmaient le quotidien.

Trente ans après sa mort, le 2 décembre 1993, la revue Semana fait sa une sur la “cruauté sans limite” du baron de la drogue qui “fait toujours souffrir les Colombiens”.

Les premiers assassinats attribués au capo furent ceux des responsables de son arrestation en 1976, alors qu’il n’en était qu’à ses débuts dans le monde de la contrebande.

“Peu de temps après sa libération, les deux agents qui l’avaient arrêté, le juge qui l’avait mis en prison et le chef du DAS (services de renseignement) qui avait monté l’opération ont été retrouvés morts.”

Et ce fut le début d’une longue série, puisque Escobar est accusé de quelque 5 000 meurtres, dont ceux de 500 policiers, pour chacun desquels il payait autour de 500 dollars.

On compte aussi parmi ses victimes certains des plus importants hommes politiques de l’époque, comme Luis Carlos Galán, partisan de l’extradition des narcotrafiquants et candidat à la présidentielle de 1990, assassiné en août 1989, des journalistes, des juges, des amantes et des anciens associés : tous ceux qui osaient se dresser sur son chemin ou refuser l’un de ses caprices.

Acclamé par la foule

C’est pourtant sa cruauté qui le mena à sa perte. En effet, caché et traqué par une coalition de policiers colombiens et américains, ainsi que par des narcotrafiquants rivaux appelés “los Pepes” (“poursuivis par Pablo Escobar”), il finit par être abattu sur les toits de Medellín.

“Mais l’aspect le plus déconcertant de la vie d’Escobar est peut-être la réaction de la population le jour de ses funérailles. Dans une ambiance d’hystérie collective, le plus grand criminel du XXe siècle a été salué avec des larmes et des acclamations par une foule qui sentait qu’elle avait perdu l’un de ses héros.”

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