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"Il est parti travailler le matin, il n'est jamais rentré" : un collectif veut rendre visibles les morts au travail

Le collectif "Familles : stop à la mort au travail" organisait une marche blanche à Paris pour rendre hommage aux personnes décédées sur leur lieu de travail, et interpeller le gouvernement.

À quelques mètres du ministère du Travail, plus d'une dizaine de familles sont réunies, photos à la main, t-shirts à l'effigie de leur proche, ami ou compagnon décédé sur leur lieu de travail. Souvent, des hommes jeunes, tués alors qu'ils étaient en train d'exercer leur métier. Le plus jeune, Leanic, avait 15 ans.

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Les photos s'affichent sur les grilles du square, aux côtés des roses blanches et d'une couronne de fleurs en hommage "aux morts au travail". Des familles réunies sous le nom de collectif "Familles : stop à la mort au travail" avec pour but de rendre plus visibles ces décès au travail, souvent relégués à quelques lignes dans la page faits divers.

Le BTP et le secteur agricole particulièrement touchés

Le fléau, peu connu, est pourtant répandu : plus de deux morts chaque jour en France sur le lieu de travail : 852 morts en 2019, en additionnant les chiffres de l’Assurance maladie et de la Mutualité agricole (MSA), et 759 en 2021.

Des chiffres d'autant plus alarmants que le phénomène pourrait être sous-estimé, la faute à des accidents qui ne seraient pas toujours déclarés. La France fait figure de mauvais élève en Europe, en tête du nombre de morts au travail pour 100 000 salariés, avec un chiffre en hausse. Tout particulièrement touchés, les métiers du BTP, le secteur agricole et l'industrie.

Les familles réclament un accompagnement

Au cœur de leurs revendications, égrenées une-à-une au mégaphone avant un rendez-vous au ministère du Travail, "l’application des mesures de prévention, une campagne de prévention à destination des entreprises mais aussi du grand public, comme pour la Sécurité routière, des condamnations fermes des employeurs ayant manqué aux obligations de sécurité et l’accompagnement des familles pour payer les obsèques, trouver un avocat...".

À chaque témoignage revient le sentiment d'abandon de la part des autorités, la débrouille, la lutte pour avoir des informations, et le réconfort et l'entraide trouvés au sein du collectif. Pour leur deuxième rendez-vous au ministère du Travail, le collectif salue un "échange très positif" avec une conseillère du ministre du Travail, Olivier Dussopt, et un membre du cabinet, mais pas de promesse, ni d’annonce.

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