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La colère du monde agricole retombe, mais le Salon de l’agriculture continue d’attirer tous les regards

Emmanuel Macron au Salon de l’Agriculture en février 2020.
LUDOVIC MARIN / AFP Emmanuel Macron au Salon de l’Agriculture en février 2020.

POLITIQUE - Un apaisement en CDD ? Après une dizaine de jours de manifestations et de blocages massifs des agriculteurs, le mouvement marque le pas en ce premier week-end de février, après la satisfaction relative provoquée par la deuxième salve d’annonces de l’exécutif - ou délogé pour les derniers récalcitrants par les forces de l’ordre ce samedi 3. Mais derrière cette accalmie demeure une clause de revoyure, fixée au Salon de l’Agriculture.

À Bruxelles, on a suivi les agriculteurs au blocage du Parlement européen

Tout en annonçant la levée des blocages le 1er février, l’alliance majoritaire FNSEA-Jeunes Agriculteurs avertit : « Personne ne doit considérer que c’est terminé ce soir. Le mouvement se transforme. Si on se rend compte que tout ça n’était qu’un effet de manche, le résultat sera catastrophique », ont assuré les présidents respectifs, Arnaud Rousseau et Arnaud Gaillot.

Concrètement, les agriculteurs se donnent jusqu’au 24 février, jour d’inauguration du Salon de l’Agriculture par Emmanuel Macron, pour voir les « premiers résultats » des annonces du gouvernement. Faute de quoi, le Salon ne sera pas « une visite de santé » pour les politiques, avait prévenu Arnaud Rousseau, dès son audition au Sénat le 31 janvier.

Concrétiser avant le SIA

L’échéance a bien été anticipée par l’exécutif. Dès le 26 janvier, depuis une exploitation de Haute-Garonne, Gabriel Attal présente à trois reprises le Salon comme date butoir : pour recevoir « un rapport précis sur l’état de notre souveraineté alimentaire », lancer un « mois de la simplification » et pour organiser des « réunions » entre le Gouvernement, l’Office français de la biodiversité et les syndicats agricoles en vue de « faire baisser la pression » lors des contrôles.

Rebelote le 1er février, où le Premier ministre rajoute à la liste la révision du plan Écophyto, mis « à l’arrêt » entre-temps. Prenant la parole depuis Bruxelles quelques heures plus tard, le président de la République Emmanuel Macron renchérit : « Il faut mettre en œuvre très vite ce qui a été décidé, et aller au bout des engagements qui ont été pris, pour qu’on puisse avoir dès les prochains jours à nouveau des décisions concrètes, le plus tard pour le Salon de l’agriculture », exhorte-t-il.

Des échanges « un peu plus musclés » pas exclus

Le risque pour le chef de l’État et le gouvernement est bien réel. En 2023, Emmanuel Macron n’avait pas échappé à une interpellation d’un manifestant contre la réforme des retraites et d’un autre sur le climat. Cette année, le chef de l’État déambulera dans les allées du SIA à quatre mois des élections européennes et alors que la réglementation de l’UE - le Pacte vert et les accords de libre-échange notamment - est au cœur des récriminations des agriculteurs.

Ce samedi 3 février, le président du Salon Jean-Luc Poulain estime sur RMC que le rendez-vous sera peut-être l’occasion « d’échanges un peu plus musclés que d’habitude, peut-être d’invectives » avec les responsables politiques, « mais il restera un lieu d’échange ».

Tout en disant « comprendre » les actions menées pendant ce moment médiatique, il a écarté l’idée d’un blocage total. « Le salon, c’est l’outil de communication des agriculteurs. Je ne vois pas quel est l’intérêt de gêner ou de le casser », estime Jean-Luc Poulain. Pour la 60e édition du Salon, son président attend 600 000 visiteurs et même « peut-être un peu plus, parce qu’avec cette crise agricole, on l’a vu, la sympathie, l’empathie pour les agriculteurs est ancrée et profonde chez les Français ».

Selon une enquête d’opinion YouGov pour Le HuffPost, réalisée entre le 29 janvier et le 2 février, 82 % des sondés disaient soutenir la mobilisation des agriculteurs. De quoi accentuer la pression pour l’exécutif.

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