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En colère, les agriculteurs mettent la pression à Gabriel Attal pour des annonces « concrètes » et rapides

POLITIQUE - « Les agriculteurs ne sont pas des gens avec qui il faut jouer ». Les deux premiers syndicats agricoles FNSEA et Coordination rurale, reçus par le Premier ministre en début de semaine, maintiennent ce mercredi 24 janvier la pression sur le gouvernement, n’excluant « aucune option » pour obtenir des réponses « concrètes ». Le tout, rapidement sous peine de voir la colère et les actions passer un cran au-dessus.

« Les agriculteurs souffrent, que faut-il pour que nous soyons entendus ? » - Témoignage

Après la mort d’une agricultrice et de sa fille sur un barrage routier en Ariège, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a réitéré son appel à des manifestations pacifiques. « Mais encore une fois, tout ça ne tiendra que si rapidement on a des réponses très concrètes. Car les agriculteurs ne sont pas des gens avec qui il faut jouer », a déclaré Arnaud Rousseau sur franceinfo mercredi matin.

« Il faudra des mesures »

« D’ici vendredi, près de 85 départements vont mener des actions, de manière continue ou sporadique », avait-il estimé un peu plus tôt sur France 2. Et si « à ce stade », la FNSEA ne prévoit d’action de blocage dans la capitale, « tout dépendra de la manière dont les réponses sont formulées. Je n’exclus aucune option », ajoute-t-il, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article.

« On continue à siéger et on attend ces mesures avant de quitter » les points de blocage, avait déclaré Véronique Le Floc’h, présidente du syndicat, à l’issue d’un échange d’une heure et demie avec le Premier ministre mardi 23 janvier dans la soirée. « Les agriculteurs ne vont pas se satisfaire d’annonces de communication (...) Maintenant, il nous faut des décisions concrètes », a prévenu Christian Convers, secrétaire général de l’organisation en quittant Matignon. « Sinon les agriculteurs, ils ne vont pas s’arrêter là. Il y a une désespérance qui s’est vraiment installée ».

Le même discours est porté par la FNSEA. « Une fois que la mèche est allumée, les agriculteurs veulent aller jusqu’au bout. Ce qui permettra que chacun rentre chez lui de manière apaisée, c’est qu’ils comprennent grâce à des mesures très concrètes que les choses vont changer. Pas une mesure ou un point spécifique, mais l’état d’esprit qui prévaut », anticipe Arnaud Rousseau.

Des annonces dès vendredi ?

La Coordination rurale a présenté à Gabriel Attal « deux mesures phares » : l’arrêt des négociations sur les accords de libre-échange et la question des prix d’achat des produits afin d’offrir une vraie rémunération aux agriculteurs. La FNSEA doit, elle, présenter « une quarantaine » de revendications d’ici ce mercredi soir, autour de trois axes : sur « la dignité du métier », sur le « juste revenu » et sur l’aspect administratif et des « normes permanentes ».

« On aura aussi un timing » sur ces revendications car « il y a des choses dont on a besoin tout de suite », précise Arnaud Rousseau. Mais « il y a aussi des choses du cadre européen et on sait très bien que ce ne sera pas trois jours qui suffiront ».

Dans le viseur des agriculteurs notamment, le Green Deal (ou Pacte Vert en français) qui vise à lutter contre les effets du règlement climatique mais qui ne tient pas compte des réalités du secteur agricole, selon les concernés. Le ministre Marc Fesneau lui-même a dit dimanche vouloir « interroger » ce texte au regard de la souveraineté agricole.

À cinq mois des élections européennes, ce point des revendications est délicat pour les troupes d’Emmanuel Macron qui doivent trouver un équilibre entre écoute des agriculteurs et défense de ce texte phare voté lors du premier quinquennat du chef de l’État.

Au-delà des réceptions à Matignon, le Premier ministre Gabriel Attal s’est engagé à effectuer un déplacement auprès des agriculteurs. Ce sera aussi l’occasion de faire des annonces d’ici la fin de la semaine, avait fait savoir son entourage. Lors du compte rendu du conseil des ministres de ce 24 janvier, Prisca Thévenot a garanti qu’il « faudra avancer sur tous les sujets qui ont été adressés et quand je dis ’tous’ ils sont nombreux ». « Il y a effectivement une urgence à répondre, mais il ne faut pas que cette urgence devienne une injonction médiatique » a défendu la porte-parole du gouvernement.

Elles sont plus qu’attendues. Au micro de franceinfo ce mercredi, Véronique Le Floc’h a redit son souhait de « réponses rapides » de la part de l’exécutif. « Ils doivent réfléchir vite, c’est leur boulot », insiste-t-elle. Selon elle, une prise de parole pourrait intervenir dès vendredi, ce que son homologue de la FNSEA et la porte-parole du gouvernement n’ont pas confirmé.

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