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Colère des agriculteurs: Macron opposé au traité de libre-échange UE-Mercosur, les négociations suspendues

Emmanuel Macron a demandé à ce que les négociations sur le traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur soient stoppées, a appris BFMTV auprès de l'entourage du chef de l'État.

Le président de la République va s'entretenir jeudi à Bruxelles avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen sur les mesures à prendre en faveur des agriculteurs alors que la profession mène une fronde dans plusieurs pays de l'UE, dont la France, a annoncé l'Élysée.

Une opposition exprimée à Ursula von der Leyen

L'échange aura lieu en marge d'un Sommet européen extraordinaire consacré au budget de l'UE et à l'aide à apporter à l'Ukraine sur lesquels les 27 n'avaient pas réussi à trouver un accord en décembre en raison du veto de la Hongrie.

Il portera sur l'accord commercial entre l'UE et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay), rejeté par une grande partie des agriculteurs, les obligations de jachères et l'arrivée de produits ukrainiens dans l'Union.

Emmanuel Macron "s'est exprimé à plusieurs reprises pour manifester son opposition très claire à la conclusion de l'accord (avec le bloc sud-américain, NDLR) auprès de la présidente de la Commission européenne", a souligné l'Élysée.

Des échanges se poursuivent "à un niveau technique", a déclaré de son côté Olof Gill, porte-parole de l'exécutif européen, reconnaissant que "d'importantes questions demeurent en suspens" et pointant la nécessité de "respecter les sensibilités du secteur agricole".

Refus de Paris d'une "concurrence déloyale"

Le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, avait espéré récemment pouvoir conclure les négociations cette année, au grand dam du monde agricole.

Le chancelier allemand Olaf Scholz et le président argentin Javier Milei ont aussi plaidé début janvier pour une conclusion rapide des négociations.

Mais la France exige du Mercosur le respect des accords de Paris sur le climat et de leurs engagements en matière de déforestation afin que les agriculteurs européens ne soient pas victimes d'une "concurrence déloyale".

"La Commission européenne peut et doit bouger" sur la jachère et sur la suspension des droits de douane dont l'Ukraine bénéficie sur certains produits agricoles depuis 2022, a également insisté l'Élysée.

Article original publié sur BFMTV.com