Coincée entre Macron d'un côté et Zemmour et Le Pen de l'autre, Pécresse cherche sa place

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La candidate de LR à la présidentielle Valérie Pécresse donne une conférence de presse le 8 janvier 2022 à Paris  - Christophe ARCHAMBAULT © 2019 AFP
La candidate de LR à la présidentielle Valérie Pécresse donne une conférence de presse le 8 janvier 2022 à Paris - Christophe ARCHAMBAULT © 2019 AFP

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C'est une étude parmi d'autres qui a donné des sueurs froides aux candidats du Congrès LR, quelques semaines avant la victoire de Valérie Pécresse. En novembre, en pleine poussée sondagière d'Éric Zemmour, la fondation Jean-Jaures révèle qu'un quart (23,7%) des électeurs de François Fillon en 2017 seraient prêts à se mobiliser en faveur du polémiste dès le premier tour.

Autre chiffre scruté de près sur les bancs de la droite, ceux de l'Ifop. À la fin de l'été dernier, l'institut de sondage estime que 61% des électeurs potentiels d’Emmanuel Macron en 2022 assurent désormais se classer à droite, contre 39% à gauche - c'était 50/50 en 2017.

Autant dire que Valérie Pécresse - invitée ce mardi soir de La France dans les yeux sur BFMTV - doit tenter de ménager la chèvre et le chou pour parvenir à convaincre largement: à la fois se différencier d'Emmanuel Macron, pour convaincre les électeurs de droite tentés par Éric Zemmour et Marine Le Pen, sans trop irriter ceux plus proches du chef de l'État. De quoi lui faire perdre sa boussole?

Drapeau européen, pass vaccinal...

En pleine polémique sur le drapeau européen sous l'Arc de triomphe pour le début de la présidence tournante de la France, Valérie Pécresse, se fend d'un tweet le 31 décembre. "Je demande solennellement à Emmanuel Macron de rétablir notre drapeau tricolore à côté de celui de l’Europe sous l’arc de Triomphe", réclame-t-elle.
Elle met ainsi ses pas dans ceux de Marine Le Pen et d'Éric Zemmour, qui eux, appelaient au retour du seul drapeau français. Quelques semaines seulement après avoir défendu, dans une longue tribune, le "retour d'une Union européenne forte".

Second épisode, celui du pass vaccinal défendu par le gouvernement. Alors que la présidente de la Région Île -de-France soutient ce projet de loi, se disant "responsable face à la crise sanitaire", l'un de ses lieutenants, le député Aurélien Pradié, prend fait et cause contre le pass vaccinal. Un jeu ambigu qui a déplu jusqu'à ses proches.

"On a du mal à croire qu'ils n'en n'ont pas parlé ensemble et que l'idée n'était pas de faire des clins d'œil aux Français qui apprécient la politique sanitaire du gouvernement et aux autres, qui estiment que Macron en fait trop et qu'il faut laisser circuler le virus", peste un membre de son équipe de campagne auprès de BFMTV.com.

"On est apparu proche de lui tout en semblant soutenir les anti-vax, c'est illisible", poursuit cette même source.

"Valérie Pécresse, c'est Emmanuel Macron"

Des deux côtés, on cherche à renvoyer Valérie Pécresse à sa supposée proximité avec l'adversaire. Guillaume Peltier, fraîchement rallié à Éric Zemmour a ainsi récemment estimé que "Valérie Pécresse, c'est Emmanuel Macron". À l'image de Marine Le Pen, pour qui la présidente de la Région Île-de-France "ressemble énormément" au président.

À l'inverse, la macronie n'a eu de cesse ces dernières semaines de pointer les supposées ressemblances entre la candidate LR et ses rivaux d'extrême droite. "Il y a une course, un manège à trois entre Valérie Pécresse, Éric Zemmour et Marine Le Pen qui cherchent à se concurrencer sur le créneau du rejet des institutions européennes", a déploré par exemple le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal sur France inter début janvier.

La candidate des LR, celle du RN et l'ancien polémiste "ont une caractéristique commune: pour eux, la France est une archive", a jugé de son côté Olivier Véran, le ministre de la Santé, dans Le Parisien mi-décembre.

"On est très conscients de la stratégie du président", commente Agnès Evren, la porte-parole de sa campagne. "Il veut réinstaller un match entre les extrêmes et lui. Et donc, il essaie de nous piéger en nous coinçant entre lui et le couple Zemmour-Le Pen. On ne se laissera pas faire."

"Une position intenable"

C'est que les derniers chiffres ne sont pas de nature à rassurer son équipe. Au premier tour, Valérie Pécresse est au coude-à-coude avec la candidate du RN avec 17% des intentions de vote d'après le dernier sondage Elabe pour BFMTV et L'Express, l'obligeant à parler à l'électorat d'extrême droite. Mais il faut aussi penser à la perspective du second tour où elle doit parvenir à rassembler si elle veut pouvoir battre Macron.

David Bellamy, historien spécialiste de la droite, se dit "convaincu que cette position est intenable sur le long terme". "Sur les sujets d'identité, Marine Le Pen et Éric Zemmour semblent plus cohérents", analyse-t-il.

"Sur les sujets économiques, Emmanuel Macron apparaît plus crédible. Elle essaie donc d'être présente sur tous ces sujets sans vraiment parvenir à faire entendre un autre son de cloche."

Officiellement, parmi le camp Valérie Pécresse, il n'y a pas d'inquiétude. "Elle va installer dans les prochaines semaines des marqueurs idéologiques pour se différencier du président et des extrêmes", assure ainsi Stéphane Le Rudulier, ancien porte-parole d'Éric Ciotti pendant la campagne, désormais orateur dans l'organigramme de campagne de la candidate.

"Un peu de Zemmour, de Le Pen, de Macron"

"Elle est très au clair sur ce qu'elle veut pour la France. Ni Emmanuel Macron ni Eric Zemmour ni Marine Le Pen n'ont une vision à 10 ans pour le pays. Les Français le sentent bien", estime également Charles Prats, l'un des orateurs riposte.

Un ancien collaborateur LR au Parlement qui a rejoint le dispositif de campagne est moins convaincu. "Elle donne un peu l'impression de se laisser porter par l'instant, le moment", juge ce bon connaisseur de la communication politique. "Elle semble plus en réaction de l'actualité qu'en train de la créer, ce qui donne cette impression d'un coup de barre côté Zemmour et Le Pen et un autre coup de barre côté Macron.

"Les trois autres montrent leur vision", poursuit-il. "Alors que pour elle, on peine à vraiment savoir qui elle est."

"Plus largement, on a l'impression qu'elle doute un peu d'elle-même. Elle parle aux fans de Nicolas Sarkozy en voulant "ressortir le Kärcher de la cave", parle aux fillonnistes en voulant supprimer 150.000 postes de fonctionnaires, fait un peu de Zemmour, de Le Pen, de Macron. Mais qui est-elle, elle, toute seule? C'est ça qu'elle doit raconter", continue-t-il encore.

"C'est vrai qu'on peut avoir un électorat un peu circonspect", reconnaît d'ailleurs Robin Reda, député LR et proche de la candidate. "Mais le débat présidentiel n'est pas encore vraiment ouvert. Elle va trouver le ton et les moments pour dévoiler ses mesures, sa vision de la France", espère son porte-parole.

Article original publié sur BFMTV.com

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