La cohabitation et ses anecdotes racontées par un historien

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POLITIQUE - C’est l’hypothèse rêvée par Jean-Luc Mélenchon, celle qu’il espère depuis l’entre-deux tours de la présidentielle. Une quatrième cohabitation sera-t-elle possible en juin prochain? Quand on lui pose la question, l’historien Jean Garrigues a du mal à y croire. “Aujourd’hui, les institutions et le calendrier des élections font que les législatives sont le prolongement de la présidentielle,” rappelle-t-il.

Connue à trois reprises sous la Ve République, mais jamais depuis l’instauration du quinquennat en 2002, la cohabitation s’est révélée un challenge dans l’exercice du pouvoir, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article. Voici trois anecdotes qui illustrent ce défi.

Mai 1986, un G7 sous haute tension

Voilà seulement quelques semaines que le président socialiste François Mitterrand et son Premier ministre de droite Jacques Chirac apprennent à cohabiter. Les tensions sont déjà palpables, lorsque se profile un G7 organisé au Japon. Si la politique extérieure entre incontestablement dans les prérogatives de la présidence, Jacques Chirac décide s’y rendre lui aussi.

Transporté en avion privé, logé dans un hôtel privé et non à l’ambassade comme le président, le Premier ministre n’est pas le bienvenu. Une animosité cristallisée par la conférence de presse donnée à Tokyo par François Mitterrand à la fin du sommet : “Jacques Chirac est alors en contrebas, en dessous de l’estrade, et est obligé de regarder François Mitterrand incarner seul la politique extérieure de la France,” raconte Jean Garrigues.

Août 1994, l’entretien le plus long

En 1993, on prend les mêmes et on recommence. Ou presque. Toujours chef de l’Etat, François Mitterrand cohabite maintenant avec un autre Premier ministre du RPR, Edouard Balladur, tandis que Jacques Chirac se concentre sur son poste de maire de Paris. Si cette cohabitation commence sans accroc, les relations se tendent à partir de l’été 1994. C’est particulière visible lors des commémorations du cinquantenaire de la Libération de Paris.

Comme le veut la tradition, François Mitterrand s’entretient avec le maire de Paris dans son bureau de l’Hôtel de ville. Mais la rencontre est savamment mise en scène. “Cet entretien devait durer quelques minutes, et François Mitterrand a tôt fait de l’éterniser, se souvient l’historien. Les journalistes ont capté la tête d’Edouard Balladur qui n’arrêtaient pas de regarder sa montre, et qui attendait. En réalité, c’est une manière pour François Mitterrand d’indiquer sa préférence pour les élections de 1995.”

Septembre 2001, la déclaration de guerre

Avec la dissolution de l’Assemblée nationale en 1997, une majorité socialiste émerge et porte Lionel Jospin à Matignon, sous la présidence de Jacques Chirac. Or, les deux hommes se détestent. “On peut même dire que Lionel Jospin méprisait Jacques Chirac. Il ne supportait pas que certains de ses ministres aient une vision plutôt favorable de Chirac,” se souvient Jean Garrigues.

C’est le 18 septembre 2001, lorsqu’une immense explosion a lieu sur le site de l’usine chimique AZF à Toulouse, que leur animosité s’étale au grand jour. De retour de New York où il est allé rendre hommage aux victimes des attentats du 11 septembre, Jacques Chirac s’empresse de rejoindre la Ville rose, avant son Premier ministre. “Il a complètement accaparé la communication de l’exécutif sur cette question, reléguant le chef du gouvernement au second plan, ce que n’a pas du tout apprécié Lionel Jospin.”

Grand mal lui en a pris lorsque quelques mois plus tard, ce dernier s’offre une vengeance, en pleine campagne présidentielle. Décrivant à la presse Jacques Chirac en homme “vieilli et usé”, il s’attire les foudres des Français qui n’apprécient pas de voir leur Premier ministre dénigrer leur président.

À voir également sur le HuffPost : Jean-Luc Mélenchon se voyait déjà gagner les législatives en 2017

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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