Qu’est-ce que "Clubhouse", le réseau social dont raffolent les politiques et influenceurs ?

Matthieu Brandely
·4 min de lecture
Photo d'illustration

Influenceurs, responsables politiques et patrons d’entreprises se bousculent sur ce réseaux social qui séduit de plus en plus en France.

Ni photo, ni vidéo, ni message écrit, mais uniquement des messages audios. C’est le concept du réseau social “Clubhouse”, accessible uniquement via le parrainage d’un utilisateur déjà inscrit. Chaque nouvel utilisateur reçoit deux invitations à distribuer.

L’application “Clubhouse”, uniquement disponible sur IOS (iPhone) pour le moment aurait été téléchargée près de 10 millions de fois à travers le monde. Beaucoup plus populaire aux Etats-Unis, où elle a été crée en mars 2020, ainsi qu’en Allemagne et en Grande Bretagne, elle était encore très confidentielle en France ces dernières semaines.

Des salles aux sujets discussions très variés

Comme pour les autres réseaux sociaux, le fonctionnement est le même : on ajoute des amis, on gagne des followers, on s’inscrit à des listes de discussions, on reçoit des notifications...

L’application est organisée en salles de discussions, des “rooms”, qui peuvent être privées ou publiques, et qui peuvent accueillir jusqu’à 5 000 personnes simultanément. Cette “room” est ainsi portée sur les débats politiques, où l’on voit les profils des participants à la discussion.

Capture écran Club House
Capture écran Club House

Chacun peut lancer sa salle de discussion ou en rejoindre une, à condition qu’elle soit publique. L’onglet “explorer” permet de rechercher, par thèmes, les différentes “rooms”. À noter que pour l’instant, l’application n’est disponible qu’en anglais.

La fonction Explore
La fonction Explore

Chacun peut demander la parole et s’exprimer

Une fois dans une room publique chacun peut écouter les échanges, et prendre la parole, dans un certain cadre. “Quand vous voulez parler, vous pouvez lever la main et demander la parole aux administrateurs de la salle, qui vous font alors ‘monter sur scène’”, raconte au Monde un utilisateur Français. Le tout est encadré par des modérateurs bénévoles, qui donnent la parole à ceux qui la demandent, et gèrent les débats, pouvant bloquer ou couper le micro selon les débordements.

Une sorte de “radio libre” à l’ère des smartphones, où les discussions sont très variées. On y retrouve des thèmes politiques, mais aussi des débats de société ou encore des discussions plus vagues comme sur la room “La pause sucré salée” présentée comme “un moment de détente”, où y discutent des journalistes comme Rémy Buisine, au côté du médecin habitué des médias Jimmy Mohamed, ou encore des entrepreneurs.

Capture d'écran Club House
Capture d'écran Club House

Quelques personnalités en France

En raison de son mode de fonctionnement, l’accès sur invitation, et sa relative confidentialité pour l’instant, les “rooms” en français sont encore peu nombreuses. Mais certaines personnalités sont présentes, assurant la promotion du réseau

Ainsi, le fondateur de Free Xavier Niel a participé ce lundi à une séance de questions réponses, suivie par plus de 2 000 personnes. Egalement aperçus sur le réseau social, les ministres des Transports et de l’Europe, Jean-Baptiste Djebbari et Clément Beaune parmi plusieurs responsables politiques, entrepreneurs ou encore influenceurs des réseaux sociaux.

Le ministre Jean-Baptiste Djebbari, sur le réseau social Club House.
Le ministre Jean-Baptiste Djebbari, sur le réseau social Club House.

Si le nombre de téléchargements est en hausse, près de 10 millions dans le monde, le réseau social reste limité par son mode de fonctionnement : avec seulement deux invitations par utilisateur, il favorise l’entre-soi et la reproduction des cercles sociaux, ce qui peut limiter l’ouverture des discussions à un large cercle de personnes.

En pleine croissance aux Etats-Unis

Aux Etats-Unis, après bientôt un an d’existence, le réseau est plus développé. “Au lancement, l’application était limitée à un très petit groupe de personnes, surtout des gens de la Silicon Valley. Des investisseurs, des financiers, des journalistes suivant les nouvelles technologies basés en Californie”, explique au Monde Matt Navarra, consultant britannique expert en médias sociaux. Une situation qui ressemble à celle de Clubhouse en France actuellement.

Mais l’utilisation de ce réseau social aux Etats-Unis s’est élargie, poursuit l’expert, sous l’impulsion de certains investisseurs, qui ont attiré des personnalités afro-américaines. “Clubhouse” ne serait pas ce qu’il est sans la présence de la communauté noire”, observe, de son côté, Lyneka Little, journaliste afro-américaine membre de “Clubhouse” depuis octobre 2020. On y retrouve des stars du rap comme Drake, des acteurs comme Kevin Hart ou encore la journaliste Oprah Winfrey.

Pas encore disponible sur Android

En France, excepté le monde de l’entreprise et de la politique, on retrouve encore peu de personnalités. À noter la présence des humoristes Florence Foresti et Jamel Debbouze, de l’animateur Arthur, du comédien Kevin Razy, de la chanteuse Yseult, ou encore du gilet jaune Jérôme Rodriguez.

Début février, l’application revendiquait 1,5 million d’utilisateurs à travers le monde, essentiellement aux Etats-Unis, et autour de 100 000 dans les deux pays européens où elle est le plus populaire, en Allemagne et au Royaume-Uni. Des chiffres en progression vertigineuse : début février, le site AppFigures estimait que Clubhouse avait été téléchargée 3,2 millions de fois. Au 22 février, l’entreprise estime approcher les 10 millions de téléchargements, alors que l’application n’est toujours pas disponible sur Android, et vient d’être interdite en Chine.

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