Les six prochains mois seront décisifs pour le climat

Les décisions prises dans les six prochains mois par les gouvernements seront décisives sur l'évolution du climat, selon l'Agence internationale de l'énergie.

L’Agence internationale de l’énergie, qui dépend de l’OCDE, avertit que les gouvernements n’ont que six mois pour prendre une tournant écologique et réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Un compte à rebours inquiétant est enclenché pour la planète. Selon l’Agence internationale de l’énergie, nous ne disposerions que de six mois pour changer de cap au sujet de la crise climatique et éviter que la reprise d’activité après la crise sanitaire du coronavirus ne se solde par un rebond massif des émissions de gaz à effet de serre.

“Cette année est la dernière dont nous disposons, si nous ne voulons pas assister à un rebond des rejets de CO2”, a averti Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie, dans The Guardian ce 18 juin. Si les émissions de gaz à effet de serre ont chuté de 17% en avril par rapport à l’année précédente, elles sont déjà reparties à la hausse.

Des choix décisifs

Les choix faits dans les prochains moins et les prochaines années seront décisifs. Les gouvernements vont investir massivement pour relancer leur économie, au point mort pendant plusieurs semaines en raison de la pandémie du Covid-19. En tout, près de neuf mille milliards de dollars seront dépensés, selon l’agence.

Or, en parallèle de cette relance mondiale économique après une crise qui n’a que peu de précédents, les pays doivent baisser leurs émissions de gaz à effet de serre pour respecter les engagements climatiques pris par le passé. “Les trois prochaines années détermineront la tournure des trente suivantes”, a expliqué Fatih Birol au quotidien britannique. “C’est pourquoi nous incitons les gouvernements à investir dans un développement durable”, poursuit-il.

Un investissement vert plus efficace

Outre cet inquiétant constat, l’Agence internationale de l’énergie a aussi fourni une amorce de solution, via un plan pour un retour à la normal économique qui soit aussi écologique. Il se concentre principalement sur l’énergie solaire et éolienne, mais aussi sur l’efficacité énergétique des bâtiments et des industries et la modernisation du réseau électrique.

Pour l’heure, l’urgence de la plupart des pays - outre la lutte contre le virus - réside dans la perte de millions d’emplois. Selon l’organisation fondée par l’OCDE, il serait plus efficace de travailler à une économie verte que de réinvestir dans des activités à haute émission de carbone. Cela permettrait de créer neuf millions d’emplois chaque année.

Des paroles plus que des actes

Certains gouvernements ont fait part de leur volonté de profiter de cette crise pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Dans son discours du 14 juin dernier, Emmanuel Macron a notamment assurer vouloir prendre un tournant écologique. Et l’Union Européenne a fait part de sa volonté de faire du Pacte Vert la pièce maîtresse de la relance économique.

Mais, pour l’instant, les faits ne suivent pas vraiment. Dans plusieurs pays, des fonds ont été débloqués pour tenter de maintenir à flot des compagnies aériennes et des entreprises automobiles sans qu’aucun engagement écologique ne soit demandé en retour.

Une situation notamment dénoncée en France par Greenpeace. “On continue à faire pleuvoir de l’argent public en mettant sur la table des plans de relance massifs en faveur d’industries climaticides, comme l’automobile et l’aérien, sans rien exiger de concret en retour pour faire baisser les émissions de gaz à effet de serre de ces secteurs et aligner notre économie avec les objectifs de l’Accord de Paris”, avait réagi Clément Sénéchal, porte-parole politiques climatiques, le 10 juin dans un communiqué de presse, au sujet de l’adoption en conseil des ministres d’un projet de loi de finances rectificative en réponse à la crise du Covid-19.

Les prochains mois devraient donc être déterminants.

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