Climat : la génération qui s’y colle

Courrier international

Depuis quelques mois, ils multiplient les actions coups de poing un peu partout en Europe, notamment dans les musées, sur le bitume (blocages routiers) et jusque dans les restaurants étoilés où, le week-end dernier encore, des militants d’Animal Rebellion ont investi le restaurant de Gordon Ramsay dans le très chic quartier de Chelsea, à Londres, pour réclamer une alimentation plus écologique. Des opérations pour la plupart non violentes, mais toujours spectaculaires et qui dérangent de plus en plus. Mais après tout, n’est-ce pas le but ?

En octobre, à Londres toujours, deux militantes de Just Stop Oil avaient aspergé de soupe à la tomate la vitre protégeant le célèbre tableau de Van Gogh Les Tournesols, à la National Gallery. Depuis, Just Stop Oil a remis ça avec un tableau de Monet à Potsdam, un autre Van Gogh à Rome…

Dans la presse étrangère (mais aussi dans une partie de la presse française), ces nouveaux militants du climat ont été qualifiés au mieux de bouffons au pire d’extrémistes qui nuiraient au combat des écologistes.

Qu’en est-il vraiment ? Qu’est-ce qui pousse ces activistes, souvent jeunes, vers des modes d’action plus “radicaux” ? Peut-on vraiment parler de radicalisation alors que les actions menées n’ont pas vocation à détruire mais à “accentuer la pression populaire sur les responsables politiques”, comme l’écrit le site américain NPR ? Car on est encore bien loin des actes criminels commis aux États-Unis entre 1995 et 2001 par des groupes comme l’ELF (Earth Liberation Front, “Front de libération de la Terre”). L’histoire du mouvement écologiste regorge par ailleurs d’actions spectaculaires émanant d’organisations (Greenpeace notamment) aujourd’hui largement reconnues.

Alors, qu’est-ce qui change aujourd’hui ? Pour comprendre ce qui motive ces militants, une journaliste d’Il Venerdì (le supplément de La Repubblica) est allée à leur rencontre en participant à un séminaire de recrutement d’Ultima Generazione (“Dernière Génération”), le groupe d’activistes qui déchaîne les passions en Italie. On croise Michele, 26 ans, l’animateur du groupe, qui incite tout le monde à passer à la désobéissance civile :

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