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Claude Malhuret, docteur ès punchlines

« Super, le discours ! Mais je vais vous mettre sous protection policière… » Échaudé par huit mois de crise violente, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner prévient Claude Malhuret, au pied de la tribune du Sénat, en juin 2019. Ses services ont détecté un flot de menaces de mort sur Internet pendant que le parlementaire ­raillait, ton neutre et plume acide, les derniers gilets jaunes, « zigzaguant tels des canards décapités »… Tollé sur les réseaux sociaux contre ce sénateur méconnu, amateur de bons mots, qui s’est fait en deux minutes des amis pour la vie.

Le 4 mars, ils se sont sentis un peu seuls pour conspuer l’auteur du discours le plus marquant du Congrès historique de Versailles, constitutionnalisant l’IVG. Il y faisait le récit bouleversant de sa rencontre avec une jeune femme de 17 ans accusée d’infanticide, au milieu des années 1970, dans un pays étranger où l’avortement était interdit. Ce roi de la punchline, tapant d’ordinaire sur Le Pen ou Mélenchon, avait délaissé l’ironie piquante pour l’émotion, démontrant qu’il est l’un des meilleurs orateurs du Parlement. « J’avais d’abord écrit un discours juridique. Puis je me suis dit que, sur un sujet si émotionnel, il fallait un exemple. Pour convaincre, un discours doit être dans l’humain. »

Une vie d’aventurier

« Il trouve souvent un angle d’attaque intéressant car il a la liberté pour le faire, estime François Patriat, patron des sénateurs macronistes. En tant que président du groupe Les Indépendants, ...


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