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Claude Alphandéry, résistant et grande figure de l’économie solidaire est mort à l’âge de 101 ans

Claude Alphandéry sera inhumé le mercredi 3 avril au cimetière parisien de Montparnasse, a indiqué sa famille.

Le résistant et figure de l’économie solidaire, Claude Alphandéry (ici présent en 2007) nous a quitté à 101 ans.
JEAN-PIERRE CLATOT / AFP Le résistant et figure de l’économie solidaire, Claude Alphandéry (ici présent en 2007) nous a quitté à 101 ans.

DÉCÉS - Le monde économique a perdu un de ses membres phares. Claude Alphandéry, résistant de la première heure et grand monsieur de l’économie sociale et solidaire, est décédé « paisiblement » à 101 ans dans la soirée du lundi 25 mars, des suites de « multiples maladies » a précisé Marc Alphandéry, l’un de ses deux fils, à l’AFP ce mardi. Sa famille et deux des institutions qu’il avait fondées l’ont accompagné dans son dernier souffle. Ses funérailles, ouvertes au public, auront lieu mercredi 3 avril à 14h au cimetière parisien de Montparnasse, a indiqué sa famille.

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Sur la fin de sa vie, l’économiste était « très affaibli sur le plan physique », mais jusqu’il y a une semaine « toujours très actif intellectuellement » a ajouté Marc Alphandéry : « Il réfléchissait même à la façon dont on pouvait encore se mobiliser contre la montée de l’extrémisme en France et de la barbarie dans le monde ! ».

Malade, Claude Alphandéry avait récemment tenu à saluer « son optimisme invétéré à transformer les choses » dans une tribune publiée le 4 mars dernier par Le Nouvel Obs.

« Alors qu’hospitalisé mes forces déclinent, je viens vous demander de prendre l’engagement de tout faire, partout ou vous êtes avec les moyens qui sont les vôtres, pour empêcher une nouvelle nuit noire de l’humanité », écrivait-il.

Les hommages se multiplient

Le décès du résistant a déclenché une vague d’hommages du monde politique, à commencer par Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, qui a fait part sur le réseau social X de sa tristesse. « Centenaire, il avait encore la ferveur militante de ses 20 ans et continuait de suivre avec intérêt et disons-le, parfois inquiétude les débats à gauche », a-t-il souligné.

« M. Alphandéry, vous avez marqué notre pays, par votre altruisme, votre magnanimité, votre générosité », a salué Olivia Grégoire, ministre déléguée chargée des Entreprises, du Tourisme et de la Consommation. « L’économie sociale et solidaire est en deuil et vous pleure » a-t-elle ajouté.

Une carrière prolifique

Né à Paris le 27 novembre 1922, d’un père trésorier-payeur général et d’une mère présidente d’une société immobilière, Claude Alphandéry avait à peine 20 ans lorsqu’il a rejoint la résistance lyonnaise, abandonnant les bancs confortables de sa khâgne avant de devenir par la suite le président du comité de Libération de la Drôme en 1944.

Claude Alphandéry, qui a sa carte au PCF s’était ensuite envolé pour l’ambassade de France à Moscou (1945-1946), avant de reprendre ses études et d’intégrer l’ENA en 1947. D’administrateur civil au ministère des Finances, à chef du bureau des budgets économiques à consultant auprès de l’ONU, l’économiste a enchaîné de nombreux postes prestigieux.

Devenu un soutien de François Mitterrand en 1974 et bienfaiteur du PS, il a aussi apporté ses convictions dans les politiques publiques et s’est investi dans ce qui est devenu l’économie sociale et solidaire (ESS), persuadé qu’elle constitue la solution face au libéralisme et au capitalisme effrénés.

Il a, quelques années plus tard, fondé « France Active » en 1988, puis « le Labo de l’ESS » en 2010 pour promouvoir cette économie sociale et solidaire au niveau national et européen. « Les combats qu’il a menés pendant la Seconde Guerre mondiale dans les maquis de la Drôme puis son engagement professionnel dans l’ESS montrent une continuité dans son engagement personnel », a estimé son fils Marc Alphandéry.

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