Cinquième jour de combats dans le croissant pétrolier libyen

BENGHAZI, Libye (Reuters) - Les forces fidèles au gouvernement installé à Tobrouk, dans l'est de la Libye, ont mené mardi une nouvelle série de frappes aériennes contre une faction qui leur a récemment enlevé le contrôle des terminaux pétroliers d'Es Sider et de Ras Lanouf, a-t-on appris auprès de responsables et d'habitants.

L'ANL, commandée par le général Khalifa Haftar, et ses alliés, affrontent depuis vendredi les Brigades de défense de Benghazi (BDB) dans le "croissant pétrolier" libyen, menaçant la production dans les ports capturés en septembre par l'ANL.

Un responsable de la Garde des installations pétrolières (PFG) a déclaré que les BDB avaient demandé à la PFG d'assurer la protection des ports pétroliers qu'elles contrôlent.

"Nous avons été mandatés par les BDB pour protéger les ports", a déclaré Idriss Boukhamada, nommé à la tête de la garde des installations pétrolières par le gouvernement d'entente nationale (GNA), basé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale. "Les exportations pétrolières se poursuivent et n'ont pas été interrompues", a-t-il ajouté.

Un haut responsable de la compagnie pétrolière libyenne, la National Oil Corporation (NOC), affirmait lundi que la production avait diminué de 35.000 barils par jour (bpj) en raison des troubles, ramenant à près de 660.000 bpj la production nationale.

La production pétrolière de la Libye atteignait avant les combats 700.000 bpj, plus du double de son niveau d'il y a un an, mais loin encore des 1,6 million de bpj que le pays produisait avant le renversement de Mouammar Kadhafi en 2011.

Depuis l'attaque des BDB vendredi, une ligne de front s'est créée en plein centre du croissant pétrolier libyen, entre les ports de Ras Lanouf et Brega, toujours contrôlée par l'ANL, de même qu'un quatrième port plus au nord-est, Zoueitina.

Selon Ahmed al Mismari, porte-parole de l'ANL, les dernières frappes ont touché des positions des BDB à Ras Lanouf et Naoufilia, 75 kilomètres plus à l'ouest.

"Ils ont été contraints de mobiliser des ambulances pour déplacer leurs morts et leurs blessés", a-t-il ajouté.

Un habitant de Ras Lanouf et un responsable militaire ont confirmé les frappes aériennes, tout en assurant qu'elles n'avaient pas modifié la physionomie du front.

(Ayman al-Warfalli et Aidan Lewis, Nicolas Delame et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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