CHRONIQUE. L'urgence de s'adapter à la montée de la mer

Les effets de la montée des eaux sont déjà visibles. L'adaptation face à ce phénomène relève de l'urgence, car du temps est nécessaire pour organiser la protection et la relocalisation des sites critiques.

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°924, daté février 2024.

La hausse du niveau de la mer s'accélère de décennie en décennie. Environ 4 mm par an aujourd'hui en moyenne globale, soit trois fois plus vite qu'au début du 20e siècle. En atteignant la neutralité carbone, il est possible de stabiliser la température planétaire et les événements extrêmes associés ; pas le niveau de la mer. Il continuera à grimper sur des millénaires car les calottes polaires et les glaciers de montagne s'ajustent lentement au réchauffement et poursuivront leur fonte.

L'immeuble du Signal a été évacué en 2014, après une grande tempête. Construit il y a plus de 50 ans à 200 mètres du rivage, le trait de côte est aujourd'hui à une dizaine de mètres. Le Signal est maintenant détruit.

Un possible effondrement des calottes polaires

Les effets de la montée des eaux sont déjà marqués avec des inondations chroniques à marée haute des terres les plus basses, des submersions marines de plus grande ampleur et de plus en plus destructrices lors de tempêtes et de cyclones, des salinisations de nappes phréatiques côtières, etc. Ce n'est que le début ! +30 cm attendus en 2050 par rapport à aujourd'hui tandis qu'ensuite, le rythme de la hausse dépend de nos émissions de CO2 à la fois présentes et futures. Mais nous ne maîtrisons pas tout. Nous savons que chaque dixième de degré supplémentaire de réchauffement nous rapproche d'un possible effondrement des calottes polaires, qui conduirait à une hausse d'environ 1,7 m en 2100, entre 4 et 5 m en 2150. C'est demain.

Du temps est nécessaire pour s'adapter

Considérer ces éventualités est indispensable pour la gestion des risques, en particulier pour les infrastructures critiques aux durées de vie et d'implémentation pluridécennales (centrales nucléaires, zones portuaires et urbaines, etc.). L'adaptation face à l'irréversibilité relève de l'urgence, car du temps est nécessaire pour organiser la protection et la relocalisation d[...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

A lire aussi