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Pour vos chocolats de Pâques, n’oubliez pas de consommer éthique

CHOCOLAT - Qui dit Pâques dit… Chocolat ! En France, la consommation moyenne par personne et par an est d’environ 5 kilogrammes, avec un pic le week-end de Pâques. Que ce soit en tablettes, en barre, en poudre, dans des produits transformés, le chocolat est partout. Si bien que l’on oublie presque qu’il s’agit, à l’origine, d’un produit rare, au cœur d’un commerce loin d’être toujours éthique.

Comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête de l’article, pour produire du chocolat, les producteurs de cacao récoltent les fruits du cacaoyer, un arbre qui pousse uniquement sous les tropiques. Dans ces cabosses se trouvent des fèves de cacao qu’il faut sécher. Cela donne de la pâte de cacao, qui, mélangée à du sucre se transforme en chocolat.

Une majorité de travailleurs sous-payés

Impossible d’en faire pousser en France, le cacao vient forcément de l’autre bout du monde, ce qui génère un trafic très polluant. En plus de cela, les 5 millions de planteurs de cacaoyers qui produisent chaque année du cacao pour la planète sont pour la plupart sous-payés.

« Aujourd’hui, environ 4 % du prix d’une tablette de chocolat revient au planteur alors que c’est lui qui a travaillé toute l’année. Il y a une très mauvaise répartition de la valeur entre les producteurs et les industriels », explique Frédéric Amiel, auteur du livre Petite histoire de la mondialisation à l’usage des amateurs de chocolat (Éditions de l’Atelier, 2021).

L’auteur pointe également d’autres problèmes majeurs dans le commerce du cacao, comme le travail de mineurs dans les exploitations et la déforestation. En Côte d’Ivoire par exemple, plus de 80 % des forêts primaires ont disparu en seulement 60 ans selon un rapport du Mighty Earth.

Des labels fourre-tout ?

Mais alors, est-il possible de manger du chocolat éthique en France ? C’est en tout cas ce qu’on pourrait croire au rayon chocolat du supermarché. On peut y voir de nombreux labels, tous vantés comme plus vertueux les uns que les autres. « En tant que consommateurs, on se retrouve face à une myriade de labels ce qui nous perd complètement. Ça devient difficile de décrypter ces informations qui étaient censées faciliter le choix du consommateur », détaille Frédéric Amiel.

« Il existe ainsi des labels indépendants, bio ou commerce équitable, des labels d’origine, comme le drapeau tricolore qui certifie un produit transformé en France. Et enfin, les labels d’entreprises, puisque ces dernières ont compris que les consommateurs allaient chercher des labels et donc ils ont inventé les leurs », selon l’auteur. Parmi les labels d’entreprise, on trouve par exemple « Cocoa Life » et « Cocoa Plan » qui ne sont autres que ceux des marques Mondelez (Côte d’Or, Milka) et Nestlé, deux multinationales poids lourd du secteur.

Des solutions plus vertueuses

Les labels indépendants, et non affiliés à des marques, respectent de leur côté des cahiers des charges précis, par exemple le label « Agriculture biologique » ou « Commerce équitable », qui est strict sur le respect de l’environnement ou la rémunération de travailleurs.

Certaines marques font aussi un effort pour plus de transparence et d’éthique, comme la marque Ethiquable, une entreprise coopérative dont les produits sont vendus en grande distribution. Au-delà de la labellisation bio et SPP (producteurs paysans), la marque mise sur des chocolats de pure origine. « Comme les vins, les cacaos ont leur terroir. Dans ce marché de masse, le cacao est souvent indifférencié, et une des stratégies des coopératives avec qui nous travaillons est de miser sur la valeur du cacao. Son origine, sa variété, cette valorisation permet de vendre les cacaos plus cher et donc de mieux rémunérer le producteur », explique Christophe Eberhart, président de la marque Ethiquable.

Si on a un peu plus de budget, le mieux c’est encore de se fournir chez un chocolatier. Depuis 2017, le Club des Chocolatiers Engagés tisse des liens en circuit court entre producteurs et artisans chocolatiers. « 99 % des planteurs de cacao n’ont jamais mangé un carreau de chocolat. On leur dit “il faut faire ça”, mais ils ne savent pas à quoi ça sert. Et dans le même temps, il y a beaucoup de chocolatiers qui n’ont jamais mis les pieds dans une plantation de cacao. Donc nous, on fait le trait d’union, on organise des voyages », raconte Daniel Mercier, artisan chocolatier et président du Club des Chocolatiers Engagés.

Certains pâtissiers utilisent aussi plusieurs techniques vertueuses comme le « bean to bar », de la fève à la tablette en français. Les chocolatiers récupèrent la fève et la transforment directement pour éviter les intermédiaires et mieux rémunérer les producteurs.

Le rôle des consommateurs

Dans la production de cacao, le commerce équitable fait son chemin. Mais les consommateurs délaissent encore trop le chocolat issu de ces circuits vertueux. Il représente seulement 6 % du chocolat consommé en moyenne chaque année par les Français, selon les chiffres fournis par Fairtrade/Max Havelaar au HuffPost.

Pour les fans de cacao, pas question d’abandonner votre friandise préférée. Il faut juste se poser les bonnes questions avant d’en consommer. « On a tendance à prendre comme acquis qu’on peut manger des tonnes de cacao à des prix très bas et que c’est normal. Pourtant il faut rétablir un équilibre, en manger moins, avec un prix plus rémunérateur pour les producteurs, c’est un défi auquel refusent de s’attaquer les grands industriels du chocolat », déplore Frédéric Amiel.

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