Chauffeur de bus tué à Bayonne : sa veuve dénonce l'absence de "justice exemplaire" après les condamnations

Les deux agresseurs de Philippe Monguillot ont été condamnés à 13 et 15 ans de prison pour avoir mortellement frappé le chauffeur de bus. Sa veuve estime que les peines sont trop faibles.

Un cri de douleur. Véronique Monguillot, la veuve de Philippe Monguillot, le chauffeur de bus tué à Bayonne en 2020, a déploré jeudi soir, la durée des peines prononcées à l'encontre des deux auteurs de l'agression qu'elle juge trop faible.

"On a réclamé depuis le début une justice exemplaire, on ne peut pas dire qu'on l'ait eu", a-t-elle dénoncé face à la presse en sortant de l'audience.

Reconnus coupables d'avoir mortellement frappé le chauffeur de bus, Wyssem Manai et Maxime Guyennon ont été condamnés jeudi soir à 15 et 13 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques. Un verdict proche des réquisitions de l'avocat général, qui avait demandé 15 ans de réclusion pour les deux accusés.

"Ils ont tué le papa de mes filles"

Insuffisant pour Véronique Monguillot qui espérait de son côté une condamnation à "30 ans" de prison pour les deux hommes. "Pour nous, c'est assez désolant, bien qu'ils soient condamnés. Qu'ils pourrissent en prison!", clame-t-elle.

"Ils ont tué mon époux, ils ont tué le papa de mes filles", crie-t-elle encore.

"Eux, à un moment donné, ils seront dehors avec un café (...), moi mon époux, c'est fini, il est entre quatre planches", se désole-t-elle.

Deux altercations pour des motifs futiles

Wyssem Manai et Maxime Guyennon, tous deux âgés de 25 ans, comparaissaient depuis plusieurs jours au tribunal pour violences volontaires ayant entraîné la mort, sans intention de la donner, après l'agression de Philippe Monguillot, un conducteur de bus de 59 ans, marié et père de trois filles.

Le 5 juillet 2020, une première altercation éclate entre les deux jeunes hommes et le chauffeur à propos d'un contrôle de billet de transport. S'en suit un deuxième différent, cette fois concernant le port d'un masque sanitaire.

Le chauffeur donne un coup de tête à l'un des deux hommes, avant d'être roué de coups et abandonné en état de mort cérébrale. Il meurt finalement à l'hôpital, après avoir passé cinq jours dans le coma.

Un drame qui avait suscité une vague d'émotion

"Ce sont trois ans de souffrance, de manque", déplorait sa veuve sur BFMTV il y a quelques jours, avant que ne débute le procès.

"Je commencerai mon deuil grâce à la justice. Je le finirai quand j'aurai rejoint mon époux", confiait-elle.

Survenu au début d'un été post-confinement, ce drame avait déclenché une vague d'émotion nationale, une marche blanche réunissant des milliers de personnes à Bayonne.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Chauffeur de bus tué à Bayonne: les deux accusés condamnés à 13 et 15 ans de prison