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Le chauffage, ce sujet de tension dans le couple : « Il a sorti les rapports de l’ADEME pour me convaincre »

«  Mon copain me sortait les rapports de l’ADEME et me disait que j’étais une écolo en carton à vouloir mettre le chauffage » raconte Charlotte
Olga Rolenko / Getty Images « Mon copain me sortait les rapports de l’ADEME et me disait que j’étais une écolo en carton à vouloir mettre le chauffage » raconte Charlotte

TEMPÉRATURE - « Notre premier hiver de vie commune ? Je l’ai passé sous la couette, à hurler pour qu’il monte le chauffage », raconte Charlotte*. Quand elle s’est installée avec son compagnon, la trentenaire ne s’attendait pas à ce que leurs résistances au froid soient aussi différentes – et que la température idéale de son partenaire soit huit degrés en dessous de la sienne.

Pourtant, les recommandations de l’ADEME pour allier confort et économies d’énergie sont limpides : 17 degrés dans les chambres, entre 19 et 21 dans les pièces à vivre. Mais dans la pratique, quand le froid de l’hiver arrive, chacun fait comme il peut. Humidité, âge, logement mal isolé, différences physiologiques… La « température de confort » a bien des raisons de varier selon les personnes. Alors, pour les couples qui doivent s’adapter l’un à l’autre, les radiateurs peuvent devenir des zones de conflit. Trois personnes en ont témoigné auprès du HuffPost.

« Il me disait que j’étais une écolo en carton »

Parfois, cette différence tient moins au ressenti qu’aux valeurs. C’est ce dont Charlotte, qui se décrit comme « plutôt écolo », a fait l’expérience. « Quand je vivais seule, il devait faire 25 ou 26 degrés chez moi. J’étais du genre à pester pour que mon immeuble lance le chauffage collectif dès qu’il faisait 15 degrés dehors. » Une habitude qui n’a pas survécu à son emménagement avec son compagnon, habitué aux températures plus basses et très engagé sur les questions d’écologie.

« Le chauffage n’était clairement pas un sujet sur lequel je pouvais avoir de la marge de manœuvre : mon copain me sortait les rapports de l’ADEME et me disait que j’étais une écolo en carton à vouloir mettre le chauffage. » Charlotte lit tous les rapports pour essayer de trouver des arguments allant dans son sens, en vain : dans leur appartement bien isolé, s’il fait entre 19 et 20 degrés, pas besoin de chauffage.

Leur premier hiver ensemble donne lieu à des frictions. « Quand il n’était pas là, je mettais le chauffage à fond et je le coupais avant qu’il rentre. Ce n’était pas très malin, mais j’avais l’impression de gagner une bataille. » Petit à petit, cependant, les arguments de son partenaire gagnent du terrain. Aujourd’hui, après sept ans de vie commune, Charlotte a même changé d’avis sur la question. « Aujourd’hui, je me prépare différemment à l’hiver. Cette année, j’ai fait le grand saut et, même si je trouve ça très laid, j’ai acheté une polaire. Je suis au chaud avec ma veste d’intérieur moche. » Elle souligne aussi avoir pris l’habitude du froid. « Nous avons de la chance : l’isolation de notre immeuble vient d’être refaite, donc je vis très bien même quand il fait 17 degrés à l’intérieur. »

Quand la ménopause souffle le chaud et le froid

Najat* a toujours été très frileuse, jusqu’à ce que la ménopause bouleverse son rapport à la température. « Je suis assez sensible au froid et mon mari aussi, explique la quinquagénaire. J’ai toujours eu tendance à trouver que 18 degrés dans une maison, ce n’est pas assez, à ne pas aimer porter des gros pulls à l’intérieur. »

Mais quand elle a commencé à avoir des bouffées de chaleur, le climat habituel de leur maison est devenu insupportable. « Entre les changements hormonaux et les bouffées de chaleur, parfois, je n’en peux plus et il faut que j’ouvre la fenêtre pour laisser rentrer un peu d’air, en plein jour ou en pleine nuit. »

Cela ne réjouit pas son mari : dans l’Ain, où ils résident, les hivers peuvent être froids et humides. « Forcément, ça rafraîchit la maison et il a froid. Il se plaint de la température, dit qu’on chauffe pour rien, ça peut créer des tensions. » Mais, Najat le souligne, elle n’y peut pas grand-chose. « En période de début de ménopause, rien n’est régulier. Je cherche sans cesse la température qui me convient et elle peut changer quelques heures plus tard… Donc si j’ai besoin d’ouvrir la fenêtre, il faut qu’il s’y fasse ! Pour le moment c’est comme ça, ça ne durera pas toujours », conclut-elle.

« Avec le chauffage à fond et un pull, je la vois grelotter »

Mais les différences de rapport à la chaleur ne sont pas qu’une question d’hormones. Aurélie* le sait bien : installée depuis peu avec sa partenaire qui revient de quelques années en Espagne, elle constate tous les jours qu’il n’est pas facile de se réhabituer au froid. « Ma copine a l’impression que son corps n’a plus l’habitude des températures françaises, et elle a très, très froid. Parfois, on pousse le chauffage à fond, elle porte un gros pull à l’intérieur, et je la vois encore grelotter. »

Une situation qui a un coût, et qui oblige le couple à rogner sur d’autres dépenses. « Les factures peuvent être salées alors on fait plus attention sur les courses et les sorties, explique la trentenaire. Ce n’est pas sa faute, et j’ai de la peine à la voir gelée ! » Pour elle, qui a cependant toujours aimé le froid, leur appartement peut vite prendre des airs de bouilloire. « J’ai tendance à mourir de chaud, donc je suis particulièrement attentive. Dès que je vois qu’elle se sent assez à l’aise pour enlever sa veste, je vais baisser le chauffage. Vivement l’hiver prochain ! » Elle est bien la seule des trois interrogées à exprimer cette hâte.

*Les prénoms ont été modifiés

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