Charlie Hebdo: un documentaire dévoile des images des nouveaux bureaux du journal

Esther Paolini
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Fresque en hommage aux victimes de l'attaque à Charlie Hebdo, rue Nicolas Appert à Paris, où se trouvaient les locaux du journal en 2015. - FRANCOIS GUILLOT © 2019 AFP
Fresque en hommage aux victimes de l'attaque à Charlie Hebdo, rue Nicolas Appert à Paris, où se trouvaient les locaux du journal en 2015. - FRANCOIS GUILLOT © 2019 AFP

Dans le documentaire "Charlie, le journal qui ne voulait pas mourir" diffusé sur France 5 mardi soir, le réalisateur Hugues Nancy a pu pour la première fois filmer les nouveaux locaux de la rédaction du journal satirique. Lors de quelques secondes, le spectateur a pu apercevoir ces bureaux, ressemblant à n’importe quels autres mais portant le poids d’un lourd passif.

"On a tout de suite eu envie de m’apprendre beaucoup de choses"

Depuis l'attentat du 7 janvier 2015, la nouvelle rédaction de Charlie Hebdo a déménagé dans des locaux ultra-sécurisés à Paris, dans un endroit tenu secret. Sur les images, on aperçoit des piles de journaux dans une salle aux murs blancs, avec Riss, directeur de la publication à son bureau, entouré de collaborateurs historiques du journal tels que Coco, qui a survécu à l’attentat, mais aussi de nouveaux dessinateurs, comme Alice, qui a rejoint l’équipe en 2018.

Devant la caméra d’Hugues Nancy, elle se souvient de ses premiers jours:

"On a tout de suite eu envie de m’apprendre beaucoup de choses. Riss m’apprenait au-delà du simple fait de dessiner. Dès qu’il peut montrer d'anciens numéros, on va fouiller dans les archives et il nous montre. Il me répétait 'il faut que tu aies une culture graphique, une culture en générale'".

Fort Knox

Le documentaire permet d’entrevoir une salle de rédaction sans fenêtres. "La première fois que je suis arrivée, Riss m’a dit 'bienvenue à la Société Générale', comme si c’était Fort Knox (ndlr: une base militaire américaine dans le Kentucky abritant la réserve d’or des Etats-Unis)”, se souvient, le sourire aux lèvres, le dessinateur Pierrick Juin.

"Il n’y a pas de fenêtres, on est sous des néons. Ça fait bizarre et tu espères que ça ne va pas durer trop longtemps, dit-il en rigolant. Finalement, cinq ans après, on est toujours dans cet endroit et on se sent plutôt chez nous", poursuit-il.

La rédaction et ses salariés sont toujours sous haute protection policière. Lors du procès des attentats de janvier 2015 à l'automne 2020, la DRH de l’hebdomadaire satirique Marika Bret avait dû être exfiltrée de son domicile à cause de nouvelles menaces.

Article original publié sur BFMTV.com