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Chantage aux migrants : en Finlande, les postes-frontières avec la Russie restent fermés

Chantage aux migrants : en Finlande, les postes-frontières avec la Russie restent fermés

Confrontée depuis des semaines au "chantage des migrants" venus de Russie, la Finlande a décidé de prolonger de deux mois supplémentaires la fermetures de ses frontières. Une mesure de protection décidée par le gouvernement mais critiquée par des ONG. Car ces fermetures de postes-frontières n'empêchent pas le trafic des êtres humains même en pleine rigueur hivernale.

Nabil est l'un de ces nombreux candidats à l'exil, aidé par les autorités russes. Venu Maroc via les Emirats et Moscou, le jeune homme raconte son long périple jusqu'à la frontière finlandaise. "[De Moscou] l'ai pris un train, je suis allé à Saint-Pétersbourg. Je suis allé dans une auberge là-bas. J'ai attendu peut-être 2 jours, 3 jours. Puis je suis allé dans une autre ville, à Vyborg. Ensuite, j'ai acheté un vélo et je suis venu en Finlande. La police et l'armée (russes) nous ont aidés. C'est une bonne chose pour nous, car il est si facile de venir ici".

La Finlande affirme que quelque 500 migrants clandestins ont ainsi réussi à traverser sa frontière orientale en novembre dernier. Une forte hausse par rapport aux moyennes mensuelles précédentes d'environ 30 personnes.

Rapidement, le gouvernement finlandais a qualifié ces arrivées de _"_menace grave pour la sécurité nationale et l'ordre public". Helsinki considère cet afflux de migrants comme des représailles de la Russie après l'adhésion de la Finlande à l'OTAN.

Depuis, le pays tente de se prémunir comme l'explique Marek Saareks, chef de département adjoint des gardes-frontières finlandais : "Nous savons qu'il y a dans la région de Saint-Pétersbourg des milliers de personnes qui pourraient venir en Finlande par cette route. Nous savons que nous devrons ouvrir les frontières, ou du moins certaines d'entre elles, à un moment donné, car cette situation ne peut pas durer éternellement. Mais nous sommes en même temps en train d'élaborer des changements dans notre législation qui peuvent nous permettre de mieux nous préparer à cette situation lorsqu'elle se reproduira".

La fermeture des frontières ne ravit pas non plus les russophones vivant en Finlande. Une association de défense des intérêts de cette minorité a d'ailleurs intenté une action en justice contre le gouvernement finlandais.