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Chantage à la sextape à Saint-Etienne: exclu des LR, Perdriau porte plainte contre le parti et Ciotti

Le maire de Saint-Étienne Gael Perdriau peu après son élection le 4 avril 2014 - Jean-Philippe KSIAZEK © 2019 AFP
Le maire de Saint-Étienne Gael Perdriau peu après son élection le 4 avril 2014 - Jean-Philippe KSIAZEK © 2019 AFP

Le maire de Saint-Étienne Gaël Perdriau, englué dans une affaire de chantage à la vidéo intime et fraîchement exclu des Républicains, a annoncé ce jeudi sur Facebook porter plainte contre son ancien parti pour "diffamation" et contre Éric Ciotti pour "injures publiques".

"Je suis attristé de voir Les Républicains renoncer aux valeurs de justice, au premier rang desquelles la présomption d'innocence", a-t-il fulminé, annonçant que "ces excès" l'ont "conduit à déposer plainte" contre les Républicains et le député des Alpes-Maritimes.

Une décision "irrespectueuse de mes droits et de ma personne"

Le parti a annoncé ce mardi à l'unanimité l'exclusion définitive du maire de 50 ans après une série de révélations de Mediapart sur un chantage à la sextape visant son ancien premier adjoint Gilles Artigues. Ce dernier a déposé plainte et une enquête judiciaire a été ouverte.

"Je suis choqué par la rapidité et les conditions dans lesquelles cette décision irrespectueuse de mes droits et de ma personne a été prise", poursuit Gaël Perdriau, qui n'a pas souhaité s'exprimer davantage.

L'édile nie en bloc les faits qui lui sont imputés par Mediapart et clame son innocence, invoquant une histoire qui "vise à (le) détruire".

Éric Ciotti qualifié de "donneur de leçons"

Gaël Perdriau, maire depuis 2014 et réélu en 2020, précise dans son post poursuivre son ancien parti pour "diffamation", mais aussi Eric Ciotti pour "injures publiques". Dans la foulée des révélations de Mediapart, l'ancien candidat à la présidence du parti avait qualifié dans un tweet l'édile ligérien "d'ignoble".

"Ce donneur de leçons montre le visage terrifiant de la pire des abjections", avait encore déclaré Éric Ciotti, quelques mois après que Perdriau eut fustigé la dérive droitière du candidat à la primaire en amont de la présidentielle.

Gaël Perdriau avait déjà été démis de ses responsabilités de vice-président des Républicains en décembre 2021 par Christian Jacob, après ses propos critiques à l'égard d'Eric Ciotti, mais aussi de Valérie Pécresse.

Le maire de Saint-Étienne dément

L'affaire stéphanoise a éclaté fin août quand un ancien proche de la municipalité a fait des confessions détaillées au site Mediapart sur un "barbouzage de moeurs" commandité selon lui par le maire et son entourage dans le but de neutraliser l'ex-premier adjoint centriste, Gilles Artigues.

Selon ce proche, l'opération lui a été rétribuée via des prestations fictives facturées à deux associations culturelles locales subventionnées par la mairie.

Le maire de Saint-Etienne, entendu en garde à vue le 13 septembre, a toujours assuré n'avoir pas commandité la sex-tape où l'on voit l'ex-premier adjoint se faire masser par un homme dans une chambre d'hôtel à Paris. Il dément avoir utilisé ces images qui remonteraient à 2014 pour faire pression sur le centriste, afin de le dissuader de toute dissidence.

Une "exécution"

Mediapart a cependant publié mi-septembre des enregistrements audio accablants. On y entend Gaël Perdriau parler de cette vidéo avec son ex-premier adjoint, évoquant une diffusion "en petit cercle, avec parcimonie" dans une conversation datant de juillet 2018, selon Mediapart.

"Une fois que c'est sur les réseaux, ce n'est plus du chantage, c'est une exécution", dit-il dans un autre enregistrement datant de novembre 2017 selon Mediapart.

Le scandale a poussé Gaël Perdriau à limoger son directeur de cabinet puis à prendre du recul dans ses fonctions à la mairie et à la présidence de la Métropole, sans pour autant renoncer à ses mandats. Un de ses adjoints, Samy Kéfi-Jérôme, a quand à lui présenté sa démission.

Article original publié sur BFMTV.com