Passage à l'heure d'été : quel impact sur votre santé ?

Maxime Poul
·5 min de lecture
Bien que le passage à l'heure d'hiver nous offre une heure de sommeil supplémentaire, il n’est pas sans conséquences pour l’organisme et peut provoquer des problèmes de santé.

Dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 mars, à 2 heures du matin, il sera 3 heures du matin. Un changement d’heure qui n’est pas sans conséquences pour l’organisme. Explications.

Dans la nuit de samedi à dimanche, à 2 heures du matin, il sera 3 heures. Ce qui signifie qu’il faut avancer sa montre d’une heure et que vous perdrez une heure de sommeil ce week-end, comme pour chaque passage à l’heure d’été. Mais voyons le positif, ce changement d'heure offre des journées plus longues ainsi qu'une heure de couvre-feu en moins.

Il faut par ailleurs faire attention, si ce changement d’heure peut sembler anecdotique, il peut avoir des répercussions sur le corps humain.

L’horloge biologique se dérègle

La conséquence principale de ce changement d’heure sur le corps est que l’horloge biologique est perturbée. L’horloge biologique est une zone du cerveau qui se synchronise sur une journée de 24 heures définie par l'alternance du jour et de la nuit. Il s'agit du mécanisme qui nous permet d’avoir des repères temporels, c’est-à-dire se lever à telle heure, avoir faim à telle heure et être fatigué à telle heure.

L’hormone du sommeil, appelée la mélatonine, permet de réguler le rythme éveil/sommeil et est alors directement affectée par la longueur de la nuit qui n'est pas la même en hiver qu'en été. Ce changement d’heure peut donc provoquer des troubles de l’endormissement mais également de l’appétit, de l’humeur, de l'attention ainsi qu'une baisse de la capacité de travail.

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Certains scientifiques affirment même le passage à l’heure d’été ou d’hiver serait plus néfaste que les décalages horaires lors des voyages. Lors d’un décalage horaire, on a pour habitude de changer ses activités et son mode de vie et on s’adapte plus facilement au nouvel horaire. Ce n'est pas le cas lors du changement d’heure où l’on garde le même rythme de vie en perdant ou gagnant une heure.

Les conséquences plus graves

Comme chaque année au mois de mars, on passe à l'heure d'été, une transition meilleure pour le moral que lors du passage à l'heure d'hiver. En effet, le passage à l’heure d’hiver a un impact psychologique sur l’être humain et favorise la dépression saisonnière, qui est associée au manque de lumière. En cette période difficile marquée par la pandémie, réjouissons-nous donc d'avoir droit au meilleur des changements d'heure pour notre moral.

Les troubles du sommeil et les problèmes d’endormissement seraient responsables de l'augmentation du nombre d’accidents de la route. Selon une étude menée en 2016 par l’American College of Cardilogy à Washington et une autre menée en 2014 et publiée dans la revue Open Heart par des chercheurs de l’Université du Colorado, le nombre d’infarctus connaît une hausse de 25% les lundis suivant le passage à l’heure d’été par rapport à un autre lundi. Une autre étude menée en Suède, en 2008, relevait quant à elle une augmentation de 5% du nombre d’infarctus pendant la semaine suivant le passage à l'heure d'été.

Un fléau propre au passage à l'heure d'été, car le passage à l’heure d’hiver diminuerait le risque d’infarctus. "L’heure d’hiver est l’heure physiologique qui se rapproche le plus de l’heure solaire. Du coup, c’est celle qui est le mieux encaissée par l’organisme", explique Gérald Kierzek, médecin urgentiste et chroniqueur santé.

Certaines personnes plus concernées

Les jeunes enfants et les personnes âgées ont besoin d’un temps d’adaptation plus important pour rattraper cette heure de décalage, souligne-t-il : "L’être humain est homéostatique, c’est-à-dire qu’il est capable par exemple de maintenir un certain niveau de température et d’activité, il va donc se caler de lui-même sur ce changement d’heure. C’est quelque chose qui va se faire rapidement et naturellement chez une jeune personne en bonne santé. En revanche, les personnes âgées malades et les enfants en bas âge sont plus fragiles donc ils seront plus impactés".

Mais Gérald Kierzek précise que dans certaines conditions, d'autres personnes peuvent être particulièrement affectées. "Les personnes qui prennent des médicaments doivent être vigilantes parce qu’il y a une chronobiologie. Le fait de prendre les médicaments à une heure régulière est important pour la manière dont c’est métabolisé, et l’efficacité. Ça peut donc jouer sur le système neurologique, l’humeur, le manque de sommeil etc."

Le médecin urgentiste tient tout de même à relativiser : "Ce n’est qu’un décalage d’une heure et pas de 8 heures. Ça peut perturber les personnes les plus fragiles, mais globalement le corps humain compense tout seul."

Quelques conseils pour s'y préparer

Pour bien s’adapter au changement d’heure et éviter les risques évoqués précédemment, il existe plusieurs astuces. Par exemple, décaler ses heures de sommeil d’une vingtaine de minutes 2 ou 3 jours avant le changement d’heure vous aidera à mieux le supporter. Il faut également se reposer le plus possible et mieux dormir durant la semaine qui suit le changement d’heure.

Gérald Kierzek conseille même de faire des siestes en journée, à condition de se sentir fatigué : "Il faut suivre et écouter son corps. Si vous n’êtes pas fatigué, c’est inutile d’aller à tout prix faire une sieste, il faut respecter son horloge biologique". Il rappelle également l’importance de l’alimentation lors de ces changements d’heure : "Avoir une bonne hygiène alimentaire est également important. Ne pas trop manger ou ne pas manger trop lourd aura également une influence sur l’horloge biologique et le sommeil."

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