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Tout cela je te le donnerai (France 2) - David Kammenos : "J’ai aimé le fait que le personnage principal soit homosexuel, sans que ce ne soit pour autant un sujet"

Cette série est adaptée d’un roman de l’écrivaine espagnole Dolores Redondo, paru en 2016. L’avez-vous lu ?

David Kammenos : Oui, au tout début du tournage. Les choses se sont décidées assez vite, alors je n’ai pas eu le temps de m’y plonger avant. Même s’il y a des transpositions, notamment dues au format de la série et au changement de lieu, cette lecture a titillé mon imaginaire. J’ai aussi fait en sorte de rester ouvert pour pouvoir accepter l’adaptation, sans me dire : « Là, on a perdu quelque chose. »

Vous jouez Manuel, un homme dévasté par la perte de son mari dans un accident…

J’ai aimé le fait que le personnage principal soit homosexuel, sans que ce ne soit pour autant un sujet. Pour moi, la modernité est là. On a passé un cap, et on ne peut pas revenir en arrière. J’ai aussi été touché par la manière dont on parle du deuil. Manuel découvre que l’homme de sa vie lui cachait bien des choses…

Malgré la mort, l’amour de ce couple est omniprésent. Avez-vous travaillé en amont avec Alexis Loret, qui joue Aymeric, votre défunt mari ?

Il y a une part de poésie dans la façon dont cela est traité. Encore une fois, la production ayant été lancée très vite, on n’a pas eu beaucoup de préparation. Nous avons passé des essais, avec Alexis. Et comme la relation de nos personnages se manifeste souvent par des flash-back ou des rêves, on a gardé cette sorte d’étrangeté…

Cette série fait fortement penser aux sagas d’été d’il y a trente ans…

Tout à fait ! Il y a quelque chose de l’ordre de l’enfance ou de l’adolescence, dans mon cas. Quand j’y pense, je me souviens aussitôt des petits biscuits que je mangeais en les regardant. Avec cette mini-série, on est sur des codes similaires, mais que l’on finit par casser. Notamment grâce à la pudeur de Nicolas Guicheteau, le réalisateur, qui mêle une masculinité dans l’apparence et une grande féminité dans la pensée. C’est un être profondément moderne.

Vous enchaînez les mini-séries et les unitaires. Êtes-vous parfois tenté par un rôle récurrent ?

Même si j’imagine qu’il est plaisant de porter un projet qui nous tient à coeur sur le long terme, ce n’est pas mon but, pour le moment. Ce que je fais actuellement me nourrit intérieurement. Et cela me convient aussi au niveau du rythme. Je veux garder la possibilité d’être sur divers projets, et ne pas être accaparé par un seul. Récemment, en plus de Tout cela je ...

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