"Cela fait deux ans et demi qu'il fait la prière": la mère de l'assaillant de Nice témoigne

Esther Paolini avec AFP
·3 min de lecture

La mère et le frère de l'assaillant présumé de l'attentat de Nice ont livré un premier témoignage depuis la Tunisie, peinant à croire et à comprendre comment Brahim A. a pu en arriver là.

Des pleurs et l'incompréhension. La mère et le frère de Brahim A., assaillant présumé de l'attaque de Nice, ont témoigné au lendemain de l'attentat dans lequel trois personnes, deux femmes et un homme, ont été assassinées dans une église.

Originaire de Sfax, en Tunisie, l'homme de 21 ans s'était tourné vers la religion il y a environ deux ans et venait tout juste d'arriver en France. Mis hors d'état de nuire par les policiers municipaux, qui se sont rendus les premiers sur les lieux, il est toujours hospitalisé.

"Que Dieu soit avec toi"

"Ce n'est pas normal", répète son frère Yassine, peinant à croire et à comprendre comment Brahim A. a pu en arriver là.

"Depuis qu'il a abandonné le lycée, il a travaillé dans la réparation des motos", explique sa mère, en larmes, tenant dans les mains la photo de son fils en sweat à capuche blanc. Après avoir mis de l'argent de côté, il a lancé un petit débit d'essence informel, comme on en trouve dans de nombreuses localités de Tunisie, où la plupart de l'activité économique se fait en marge du système officiel.

"Il avait mis de l'argent de côté, je lui ai dit de louer une petite échoppe avec ses 1100- 1200 dinars afin qu'il puisse travailler. Il m'a dit qu'il voulait faire une cabane afin de vendre de l'essence, je lui ai répondu que Dieu soit avec toi, et fais ce que tu veux", se souvient-elle.

Isolement et prières

Selon ses proches, le jeune homme actuellement hospitalisé s'est tourné vers la religion puis s'est progressivement isolé ces dernières années.

"Cela fait à peu près deux ans et demi qu'il fait la prière. Il allait du travail à la maison, ne sortait pas et ne se mélangeait pas avec les autres", détaille la mère.

Auparavant, "il buvait de l'alcool et consommait de la drogue. Je lui disais 'nous sommes nécessiteux, et toi tu gaspilles de l'argent?' Il répondait si Dieu le veut, il va m'orienter vers le bon chemin, ça me regarde", poursuit-elle. Brahim A. a tenté une première traversée périlleuse de la Méditerranée pour l'Italie, en vain, et n'a pas prévenu ses proches de ce nouveau départ, selon son frère.

Récolte d'olives en Italie

"Il m'a appelée mercredi, il m'a dit qu'il allait arriver en France, et là je lui ai demandé, pourquoi? Pourquoi ne restes-tu pas en Italie? Tu ne parles pas français et tu ne connais personne là-bas. Tu n'as ni lien, ni relation. Pourquoi partir en France?", raconte encore la Tunisienne.

Ce dernier lui aurait répondu qu'il y avait "trop de monde" en Italie, où il travaillait alors dans la récolte des olives. La famille, incrédule, ne comprend pas comment il a pu passer à l'acte, moins d'un mois et demi après son arrivée en Europe.

De leurs côtés, les autorités tunisiennes indiquent que Brahim I., n'est pas été identifié comme terroriste dans son pays d'origine mais qu'il "a des antécédents judiciaires de droit commun de violence et de drogue", selon Mohsen Dali, substitut du procureur général au tribunal de première instance de Tunis.

Article original publié sur BFMTV.com

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