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Catherine Colonna, à Rome, acte le dégel franco-italien


La ministre des Affaires étrangères et européennes Catherine Colonna, ici à l’Élysée à Paris, le 16 mai 2023.
La ministre des Affaires étrangères et européennes Catherine Colonna, ici à l’Élysée à Paris, le 16 mai 2023.

ITALIE - Fin de la brouille diplomatique ? La cheffe de la diplomatie française Catherine Colonna a rencontré ce jeudi 25 mai à Rome son homologue italien pour acter le dégel entre les deux pays après les tensions sur l’immigration.

Catherine Colonna avait un déjeuner de travail à la Farnesina, siège du ministère italien des Affaires étrangères, avec Antonio Tajani, vice-Premier ministre et numéro deux de Forza Italia (droite), partenaire mineur de la coalition ultra-conservatrice de Giorgia Meloni.

« Merci de ton accueil chaleureux à Rome, cher Antonio Tajani. Échanges confiants sur l’Ukraine, la Tunisie, les migrations, l’Europe de la défense notamment. La coopération franco-italienne est indispensable pour avancer », a tweeté la ministre française dans l’après-midi.

« Heureux d’avoir accueilli à la Farnesina la ministre Colonna. L’Italie et la France partagent des intérêts et des responsabilités dans l’UE et dans le monde. Notre collaboration est essentielle pour résoudre les crises actuelles, à commencer par celle de l’immigration », a de son côté tweeté Antonio Tajani. « Nous avons pu avoir des positions divergentes, mais il est important d’avoir un dialogue constructif (...) à travers les canaux adéquats », a-t-il souligné dans un communiqué, évoquant un « climat très cordial ».

Avant son voyage, Catherine Colonna, ambassadrice à Rome de 2014 à 2017, avait assuré que la France n’était « certainement pas » en crise avec son voisin italien.

Mais les réactions ont pourtant été vives dans la péninsule après les propos le 4 mai du ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, jugeant Giorgia Meloni « incapable de régler les problèmes migratoires sur lesquels elle a été élue ». Antonio Tajani avait alors annulé sa rencontre avec Catherine Colonna, prévue le jour même à Paris.

« C’est vrai il y a eu un moment de flottement et d’étonnement devant les propos qui ont été tenus », a admis cette semaine Catherine Colonna sur la chaîne France 2. « Nous nous sommes expliqués depuis », a-t-elle ajouté.

Un possible déplacement de Giorgia Meloni en juin à Paris

L’Italie reproche à ses partenaires européens de ne pas prendre leur part dans l’accueil des migrants qui arrivent sur son territoire après avoir traversé la Méditerranée. D’autant que, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, environ la moitié des 46 000 personnes qui ont débarqué sur ses côtes depuis le début de l’année viennent de pays francophones (Côte d’Ivoire, Guinée, Tunisie, Burkina Faso).

À l’occasion du sommet du Conseil de l’Europe à Reykjavik mi-mai, Emmanuel Macron avait admis que l’UE devait faire davantage pour aider l’Italie. « Le peuple italien en tant que pays de première arrivée subit une très forte pression migratoire et on ne peut pas laisser l’Italie seule », avait dit le président français.

Antonio Tajani a indiqué qu’il mettrait sur la table avec son homologue française « le thème de la collaboration contre l’immigration illégale mais aussi la stabilisation de l’Afrique ». Ces actions devront être « communes et partagées », a-t-il dit, cité par l’agence Ansa.

Un déplacement de Giorgia Meloni à Paris au mois de juin serait à l’étude. « Je pense que l’on cherche des dates, mais c’est encore à voir », a déclaré Catherine Colonna.

En attendant, les deux pays travaillent à une visite du président italien Sergio Matterella dans la capitale française le 7 juin pour inaugurer avec Emmanuel Macron l’exposition du Louvre sur le musée Capodimonte de Naples, a indiqué une source au Quirinale.

Tragique circonstance, aubaine diplomatique : les inondations meurtrières qui ont ravagé la semaine dernière l’Emilie-Romagne, riche région du nord-est, ont permis à la France de donner des gages de bonne volonté à sa voisine.

Répondant à l’appel de Rome, Paris a annoncé l’envoi de moyens de pompage et du personnel des formations militaires de sécurité civile. « La solidarité à l’œuvre », a tweeté mardi Emmanuel Macron.

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