CARTE. Ces États américains où l'avortement pourrait être interdit après la décision de la Cour suprème

Carte IVG - BFMTV
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Depuis ce vendredi, la Cour suprême permet aux États américains de proscrire le droit à l'avortement sur leur territoire. Au moins la moitié d'entre eux va probablement s'en saisir prochainement.

La décision est tombée comme un couperet. Ce vendredi, la Cour suprême des États-Unis a rendu aux 50 États le droit d'interdire le recours à l'IVG sur leur sol. Parmi l'ensemble de ces États, une moitié - représentés sur la carte ci-dessous - devrait s'en saisir à plus ou moins long terme, selon l'institut Guttmacher, spécialisé dans le suivi de la législation sur l'IVG outre-Atlantique.

Le procureur général du Missouri a annoncé, dès ce vendredi, que son État conservateur du centre des États-Unis devenait le "premier" à interdire les interruptions volontaires de grossesse dans la foulée de la décision des juges constitutionnels.

Des interdictions quasi-automatiques

Treize États, surtout dans le Sud et le centre plus religieux et conservateur, se sont dotés ces dernières années de lois dites "zombie" ou "gâchette" rédigées pour entrer en vigueur automatiquement en cas de changement de jurisprudence à la Cour suprême.

Elles interdisent les avortements avec des nuances: l'Idaho prévoit des exceptions en cas de viol ou d'inceste, le Kentucky uniquement en cas de danger pour la vie de la femme enceinte; la Louisiane prévoit jusqu'à dix ans de prison pour les professionnels de santé, le Missouri jusqu'à quinze...

Dans certains États, comme le Dakota du Sud, elles sont censées entrer en vigueur "le jour" même de la décision. Dans d'autres, comme l'Arkansas ou le Mississippi, le procureur général devra d'abord confirmer que la Cour a changé le cadre juridique. Enfin, le Texas ou le Tennessee ont un délai de 30 jours entre la publication de l'arrêt et l'entrée en vigueur du nouvel interdit.

Quatre États supplémentaires (Géorgie, Iowa, Ohio et Caroline du Sud) disposent de lois interdisant les avortements dès que les battements de coeur de l'embryon sont perceptibles, soit vers six semaines de grossesse quand la plupart des femmes ignorent encore être enceintes. Bloquées par la justice car elles violaient le cadre légal en vigueur jusque-là, elles pourront désormais entrer en vigueur.

Restrictions et confusion

Plusieurs États disposent de lois rédigées avant l'arrêt Roe v. Wade de 1973, qui avait établi le droit des Américaines à avorter. Mises en sommeil pendant près de 50 ans, elles pourraient théoriquement être immédiatement réactivées, mais rien n'est certain.

Quatre États ont par ailleurs, selon l'institut Guttmacher, envoyé des signes défavorables à l'avortement, mais ne disposent pas aujourd'hui des textes pour les interdire.

Les élus du Nebraska ou de l'Indiana ont échoué à voter de telles lois. Ceux du Montana et de Floride ont réduit les délais légaux pour interrompre une grossesse mais les cours suprêmes de ces Etats protègent pour l'heure le droit à l'avortement sur leur sol.

Des États protecteurs

Vingt-deux États (principalement la côte ouest et le nord-est) conserveront le droit à l'IVG, et certains ont pris des mesures pour accroître l'accès à l'avortement, en augmentant le nombre de professionnels de santé autorisés à le pratiquer ou en intensifiant les financement des cliniques.

Article original publié sur BFMTV.com

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