Carles Puigdemont, visage de l'indépendantisme catalan

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Interpellé jeudi en Italie sur la base d'un mandat d'arrêt émis par la justice espagnole, Carles Puigdemont est devenu le visage de l'indépendantisme catalan depuis la tentative de sécession de la Catalogne qu'il a conduite en 2017.

"Assez. L'amnistie est la seule voie. L'autodétermination la seule solution. A tes côtés Carles", s'est empressé de réagir sur Twitter l'actuel président catalan Pere Aragonès à l'annonce de l'arrestation de M. Puigdemont, qui a brièvement occupé le poste de janvier 2016 à octobre 2017 avant d'être démis de ses fonctions par le gouvernement espagnol.

Marié avec une journaliste roumaine dont il a eu deux filles, M. Puigdemont était pourtant presque inconnu - en dehors des milieux indépendantistes - à son arrivée à la tête du gouvernement régional catalan.

Avant son élection à la tête de la Catalogne, il avait pour seule expérience politique celle de maire du bastion indépendantiste de Gérone, une ville de 100 000 habitants.

A peine un an et demi après son arrivée au pouvoir, cet ancien journaliste de 58 ans à l'épais casque de cheveux bruns avait organisé avec son gouvernement, malgré l'interdiction de la justice, un référendum d'autodétermination émaillé de violences policières qui avait été suivi, quelques semaines plus tard, d'une déclaration d'indépendance mort-né.

Le gouvernement espagnol, alors dirigé par les conservateurs, avait réagi en mettant la région sous tutelle, en démettant M. Puigdemont de ses fonctions et en arrêtant les principaux dirigeants du mouvement.

Fuite en Belgique

"A tous ceux qui voulaient nous dénigrer, nous réduire au silence, je leur dis que nous nous défendrons, et bien", avait-il déclaré depuis la Belgique, où il avait fui pour échapper aux poursuites.

Il était depuis installé à Waterloo, au sud de Bruxelles.

Né à Amer, village montagneux de 2 200 habitants à 100 km de Barcelone, où sa famille tient toujours la pâtisserie de son père, Carles Puigdemont, deuxième d'une fratrie de huit, a l'indépendance dans le sang.

"En Catalogne, beaucoup sont devenus indépendantistes par réaction allergique à la politique de Madrid. Mais pas lui, il l'est depuis toujours", explique le poète et chroniqueur Antoni Puigverd, qui a été l'un de ses proches.

Il s'était fait élire député européen en mai 2019.

En quittant la Catalogne pour la Belgique, cet homme au caractère imprévisible avait abandonné nombre de ses anciens "ministres", arrêtés puis condamnés à la prison pour sédition en 2019 lors d'un procès qui s'était tenu sans lui.

Les neuf indépendantistes incarcérés ont été graciés en juin par le gouvernement espagnol de Pedro Sánchez.

Parfois taxé par ses détracteurs de "fugitif" ou de "lâche", Carles Puigdemont avait continué à occuper le terrain politique avec son parti Ensemble pour la Catalogne (JxC).

Il avait d'abord été remplacé à la tête de la région par son dauphin Quim Torra, avant que Pere Aragonès, un indépendantiste modéré, soit élu en mai président régional au terme d'élections qui avaient reconduit au pouvoir les partis indépendantistes.

Depuis l'élection de M. Aragonès, les relations entre Madrid et Barcelone se sont apaisées, permettant la semaine dernière une reprise des négociations pour tenter de trouver une issue politique à la crise.

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