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Cannes : Avec « Cobweb », cet acteur de « Parasite » passe derrière la caméra

FESTIVAL DE CANNES - Quel meilleur endroit que le plus célèbre des festivals de cinéma pour montrer un film qui parle de cinéma ? Dans la toile, ou Cobweb en anglais, a été présenté hors compétition en séance de minuit au Festival de Cannes. Avec ce onzième long-métrage, le réalisateur sud-coréen Kim Jee-Woon signe une pépite comique déjantée.

Dans la toile raconte le tournage d’un film qui vire à la catastrophe, avec en tête d’affiche, l’acteur Kang-Ho Song, star du film quadruplement oscarisé Parasite qui avait remporté la Palme d’or en 2019. Il y joue Kim Ki-yeol, un réalisateur au bout du rouleau qui tient à retourner la fin de son film par tous les moyens, persuadé d’en faire un chef-d’œuvre.

Il n’a que deux jours pour y parvenir, et il va devoir jongler entre une interdiction d’utiliser les studios, des acteurs peu conciliants et sa propre crise existentielle sur son talent, le tout bourré de calmants.

Une comédie sur le cinéma

Kim Jee-Woon s’attaque au genre bien connu de la mise en abyme, un film dans le film, en alternant les scènes en couleurs de l’histoire principale, et celles en noir et blanc filmées par son réalisateur fictif. La mise en abyme fonctionne d’autant plus que le faux film est un mélodrame proche du film d’horreur qui contraste avec l’humour du vrai scénario.

Sur le plateau de tournage, on s’amuse devant les péripéties qui s’enchaînent et jouent sur les clichés du monde du cinéma. Une starlette de feuilleton a une liaison avec un acteur marié et cache un autre secret, les autorités de censure jugent la nouvelle fin contraire aux bonnes mœurs, mais s’adoucissent dès lors que le film devient anticommuniste, et personne ne sait ce qu’est un plan-séquence mais tout le monde trouve l’idée du réalisateur révolutionnaire.

Bien que l’histoire se déroule à Séoul en 1970, Kim Jee-Woon s’est inspiré des transformations du cinéma depuis 2020. « La pandémie a entraîné des changements sans précédent dans nos vies et nous a poussés à reconsidérer diverses questions fondamentales », a-t-il expliqué. « Qu’est-ce qu’un film ? Que signifie faire des films ? Qu’est-ce que la créativité et qu’est-ce que l’originalité ? »

Mise en abyme à Cannes

Dans la toile ne prétend pas répondre à ces questions mais les met en lumière en plein Festival de Cannes où les films s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Il aborde la question du plagiat et de la pression de l’héritage que laissent les grands réalisateurs sur les épaules des suivants.

Kang-Ho Song est à la fois drôle et touchant en cinéaste qui doute perpétuellement de lui-même mais a une foi presque fanatique en son scénario. On ne peut s’empêcher de se demander s’il s’agit vraiment du sien, et un flash-back nous apporte la réponse tant attendue.

La fin du vrai film montre celle du faux, qui s’appelle aussi Cobweb, évidemment. Lorsque « The end » apparaît à l’écran, tout le monde applaudit dans la salle du Palais des Festivals et certains commencent à partir. Mais Dans la toile réserve une ultime scène, elle-même dans une salle de cinéma, où le chef-d’œuvre de Kim reçoit une standing-ovation. La boucle est bouclée et réussie.

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