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Cannes 2023 : c’est la 1ère femme à avoir reçu le César de la Meilleure musique en 2023, rencontre avec Irène Drésel (À plein temps)

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Montée des marches des compositrices et compositeurs, Leçon de musique donnée par le maestro Howard Shore, mais aussi Sunset Live sur la plage en partenariat avec Nomade, et table ronde organisée avec le collectif 50/50 afin de mettre en lumière la place des femmes dans le paysage de la composition de musiques de films (elles ne représentent que 7% de la profession)… Cette année encore, la Sacem a déroulé le tapis rouge à celles et ceux qui font vibrer nos oreilles et nos cœurs au cinéma.

A cette occasion, nous avons eu la chance de rencontrer Irène Drésel, musicienne, autrice-compositrice-interprète et productrice de musique électronique, auréolée du César de la Meilleure musique originale pour son travail sur le film À plein temps. 7e femme à avoir été nommée dans cette catégorie depuis 48 ans, elle est la toute première à repartir avec le trophée.

Juste avant qu’elle ne monte les marches du Palais, qu’elle rythme le début de soirée des festivaliers sur la plage durant son live, et qu’elle n’inspire les participants de la table ronde du collectif 50/50 modérée par Julie Gayet et Delphine Paul, celle qui était plus que jamais “À plein temps” au côté de la Sacem, nous a accordé un entretien.

AlloCiné : Qu’est-ce que cela vous fait d’être à Cannes, et de monter les marches avec des compositrices et compositeurs ?

Irène Drésel : Je suis évidemment très honorée, puis contente de mettre en avant notre métier. Je suis ravie que l’on fasse appel à moi pour cette montée des marches. Je n’avais jamais vraiment pensé au fait de donner une récompense aux compositeurs au Festival de Cannes à travers une Palme ou autre… mais ça serait une bonne idée, pourquoi pas !

Vous êtes la première femme compositrice à avoir reçu le César de la meilleure musique originale, comment vivez-vous cela ?

I.D : Je suis heureuse d’avoir ce César, c’était un moment incroyable cette soirée. Depuis, c’est tout de même redescendu, mais je suis ravie si je peux servir d’exemple, ou être un modèle pour celles qui souhaitent faire ce métier. Même si ce rôle met de la pression, je trouve ça important que l’on puisse observer une progression dans le nombre de femmes présentes dans ce milieu.

Sans être un porte-drapeau de quoique ce soit, je suis aussi très fière de participer à la table-ronde organisée par le collectif 50/50 avec la Sacem, mettant à l’honneur les compositrices de musiques de film, et dans laquelle on peut toutes s’inspirer du vécu de chacune, et tenter d’inspirer les autres.

Vous évoquez celles qui voudraient se lancer dans la composition de musique. De votre côté, comment en êtes-vous venu à ce métier ?

I.D. : J’ai démarré la musique en 2013, en faisant des scènes. Avant cela, j’avais fait les Beaux Arts, les Gobelins, donc j’étais censée avoir un parcours autour de l’image, de devenir artiste plasticienne. Alors que je faisais des vidéos, j’avais besoin de musique donc je me suis dis “Pourquoi pas les faire moi-même”, sachant que je suis une fan de techno, que c’est ce qui m’inspire et m’anime.

Ça c’est pour la partie musique. Ensuite, le fait de composer pour des films m’est totalement tombé dessus. À plein temps est mon tout premier. La boîte de production avait déjà travaillé avec moi et m’a donc parlé du projet. J’ai eu une énorme chance car le scénario était top donc j’ai d’emblée accepté.

Comment avez-vous procédé pour composer cette musique originale ?

I.D : J’ai tout d’abord lu le scénario, puis ils ont travaillé avec quelqu’un d’autre avant de me rappeler 3 mois plus tard, et là j’ai repris le travail. J’ai vu le film sans musique, il marchait déjà très très bien. Ensuite, j’ai passé beaucoup de temps à écouter le réalisateur, ses intentions.

Il voulait une musique typée années 70, mais avec des sonorités modernes, surtout pas de batterie et de tout ce que j’utilise beaucoup de mon côté… Du coup je me suis d’abord demandé pourquoi il faisait appel à moi, mais à la fin j’ai réussi à trouver mon identité dans ce que j’ai proposé, et qui correspondait avec ce qu’il avait en tête. C’était un vrai travail à quatre mains.

Au-delà des discussions avec le réalisateur Éric Gravel, vous êtes-vous inspirée d’autres musiques de films ?

I.D : Pas vraiment. Au début, il m’a dit que je pouvais m’inspirer de Tangerine Dream, groupe qui a fait la BO de Flashpoint ou Appel d'urgence, puis il m’a parlé de la musique de Good Time, des frères Safdie, par Oneohtrix Point Never. Et après il s’est ravisé en me disant qu’il préférait me laisser faire ce que je ressens.

Il a eu raison. C’est toujours mieux de faire ce que l’on ressent plutôt que de se calquer sur quelqu’un. Là je me suis calée sur l’image et j’ai composé ce qui venait de moi par rapport à ce que je voyais.

Quelle est la musique de film qui t’a le plus marqué ?

I.D : Sans hésitation, celle de Eyes Wide Shut durant la scène du bal masqué, composée par l’artiste britannique Jocelyn Pook. Et toute la musique de Jocelyn Pook en réalité, car après cette claque je me suis intéressée à sa discographie, et tout est magnifique.

*Propos recueillis par Mathilde Fontaine au Festival de Cannes 2023.

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