Cannes 2021: ce qu'il faut savoir sur Julia Ducournau et son film-choc "Titane", sacré Palme d'or

·3 min de lecture

Cette jeune figure du cinéma de genre tricolore a convaincu le jury avec ce film trash, qui n'a laissé personne indifférent sur la Croisette.

Le Festival de Cannes a frappé un grand coup en couronnant Julia Ducournau pour une oeuvre furieusement contemporaine, Titane, la Française devenant la deuxième réalisatrice de l'histoire du festival à recevoir la Palme d'or. Le jury, présidé par Spike Lee, dont la nomination était elle-même historique car il est le premier artiste afro-américain à ce poste, vient récompenser la benjamine de la compétition, 37 ans. Elle reçoit sa Palme d'or 28 ans après Jane Campion et La Leçon de Piano.

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

"Je me rends compte que l'imperfection est une impasse, et que la monstruosité qui fait peur à certains et traverse mon travail est une arme, une force pour repousser les murs de la normativité qui nous enferment et nous séparent", a-t-elle ajouté.

Nouvelle figure d'un cinéma transgressif

Au niveau artistique, après le sacre de Parasite du Sud-Coréen Bong Joon-ho, le Festival lorgne une nouvelle fois vers le film de genre en élisant Titane (interdit au moins de 16 ans en France où il est déjà en salles), représentant d'un cinéma transgressif et défricheur, empreint de féminisme.

Titane s'ouvre par un accident de voiture dont est victime le personnage principal, Alexia, dans son enfance. Son père est au volant, elle manque de mourir et ne doit sa survie qu'à une plaque de titane qu'on lui insère dans le cerveau et qui se devine au-dessus de son oreille. 

On la retrouve jeune adulte, jouée par une actrice débutante mais bluffante, Agathe Rousselle. La jeune fille fait littéralement l'amour avec des voitures, hommage à Crash de David Cronenberg, et tue des hommes, façon Sharon Stone dans Basic Instinct mais au pic à cheveux. Son corps est comme hanté par une masse de métal qui grandit dans son ventre tandis qu'elle sue et saigne de l'huile de moteur.

En fuite après ces meurtres, Agathe Rousselle fera la connaissance de Vincent (Vincent Lindon), pompier qui entre deux piqûres de testostérone dans la fesse pleure son fils disparu enfant. Il peut lui offrir un refuge, elle peut réparer sa perte: sur une "terre brûlée", un "amour inconditionnel" va naître, avait expliqué à l'AFP la réalisatrice qui joue volontiers avec l'esthétique viriliste des pompiers ou du tuning.

La nouvelle enfant terrible de Cannes

Le film mêle hybridation femme/machine, amour pour les voitures et quête de paternité. C'était le plus violent et trash de la compétition, loin de faire l'unanimité parmi les critiques. 

La réalisatrice avait déjà laissé un souvenir mémorable à Cannes avec son premier long-métrage, Grave, sur une étudiante vétérinaire qui devient cannibale. Un film qui l'avait intronisée comme cheffe de file d'un renouveau du film de genre tricolore. De l'autre côté de l'Atlantique, elle a été adoubée par un maître de l'épouvante, Night Shyamalan.

Article original publié sur BFMTV.com

Ce contenu peut également vous intéresser :

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles