Cannes 2017 : Takashi Miike fait gicler le sang avec Blade of the Immortal, son 100ème film

Gauthier Jurgensen

Blade of the Immortal, c’est avant tout un manga à succès, publié au Japon de 1993 à 2012 sous la plume de Hiroaki Samura. Mélange de récit de samouraï à l’ère Edo (18e siècle) et de conte fantastique, le phénomène est arrivé dans l’Hexagone sous le titre "L’Habitant de l’infini", publié chez Casterman.

On y suit le Ronin (samouraï sans maître) Manji, rendu immortel par une malédiction qui le condamne à errer indéfiniment sur Terre. Il rencontre Rin Asano, une jeune fille qui cherche à se venger de l’homme qui a assassiné ses parents, Kagehisa Anotsu. Mais Anotsu, chef de l’école Ittô-Ryû, est protégé par ses nombreux et invincibles disciples.


Cette bande-dessinée japonaise a d’abord inspiré une série animée en 13 épisodes (2008, 2009), avant d’être reprise au cinéma par Takashi Miike, qui en livre une adaptation aussi sanglante que drôle. De coups de sabre en coups de sabre, 2h20 filent à toute allure tandis que le style manga se retrouve dans le découpage insolite, presque surréaliste des scènes d’action.

Un atout ravira sans doute les blasés des effets spéciaux numériques : Takashi Miike fait la part belle aux trucages "à l’ancienne", capitalisant sur la quantité du sang répandu et sur l’efficacité des chorégraphies pour ressusciter un cinéma d’action qu’on croyait disparu depuis longtemps, mais qui trouve avec Blade of the Immortal la preuve qu’il vivra, lui aussi, pour toujours.

Déjà cent films (en comptant tous ses projets pour la télévision) pour l’infatigable Takashi Miike qui, après avoir commencé sa carrière au début des années 1990 avec des films bon marché, pas toujours bien reçus par le public ni par la critique, a fini par prendre du galon dans la noblesse cinématographique. Au point d'accéder à la compétition officielle cannoise en 2011 !

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Avec son Harakiri : Mort d’un samouraï (remake du film de Masaki Kobayashi, 1962), Takashi Miike devient le premier cinéaste de tous les temps à convier la 3D au Festival de Cannes. Il est ensuite à nouveau invité à concourir en 2013 avec Shield Of Straw (Wara No Tate), un polar qui ne sera finalement jamais distribué sur le territoire français. A deux reprises, Takashi Miike repart au Pays du Soleil Levant les mains vides.

Pour son centième long métrage, le voici de retour sur la Croisette, hors compétition cette fois, avec Blade of the Immortal. S’il a souvent démontré son goût pour le film de Yakuza (Ichi The Killer, Dead or Alive) ou pour des spectacles plus surprenants ou déviants (Audition, Yakuza Apocalypse), c’est avec le film de samouraï qu’il renoue après 13 Assassins et Hara-Kiri.

La bande annonce de Blade of the Immortal présenté à Cannes hors compétition

 

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