Cannabis CBD : la loi n'était donc pas si claire

Libération.fr
Paris, le 7 mai 2011. Marche mondiale du cannabis, pour rŽclamer la dŽpŽnalisation de sa consommation, la rŽgulation de sa production et sa prescription dans un cadre thŽrapeutique. Cette manifestation "pour une autre politique des drogues" se tient ˆ l'appel de nombreuses associations, dont Act Up, AIDES, le CIRC (Collectif d'Information et de Recherche Cannabique), Cannabis sans frontires, les Jeunes Žcologistes, EELV, le Mouvement des jeunes socialistes ou la Ligue des droits de l'homme.

La mise au point de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), intervenue la semaine dernière était censée avoir sifflé, au nom du droit, la fin de la récré en matière de cannabis ultra light au CBD. Et a notamment interdit la vente des fleurs de cannabis, même si celles-ci ne contiennent pas plus de 0,2 % de THC. Ces fleurs étaient à l’origine du boom naissant du cannabis ultra light, avec l’ouverture de moult boutiques ces dernières semaines un peu partout en France.

A rebours des autres pays

Mais si la loi était si claire, pourquoi la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a-t-elle jugé utile de dire, dimanche sur RTL, qu’il fallait la préciser ? Selon elle, «ces coffee-shops [qui n’ont rien à voir avec les fameuses échoppes d’Amsterdam puisqu’elles ne vendent que du cannabis avec un taux de THC, le principe psychoactif, inférieur à 0.2 %, ndlr] se sont ouverts sur une zone grise du droit. Le droit dit que le chanvre peut être utilisé à des fins industrielles quand il contient moins de 0,2 % de THC. Il ne parle pas de produits en cigarette mais de la plante. Or ces magasins détournent le droit en disant que leurs cigarettes contiennent moins de 0,2 % de THC». Et la ministre d’ajouter : «Il va falloir qu’on revoie la législation et revoir comment on met de l’ordre dans tout cela, a-t-elle dit, évoquant un travail conjoint avec la répression des fraudes de Bercy. Aujourd’hui toute vente de cannabis à usage récréatif lorsqu’il contient du THC, quelle que soit la dose, est normalement condamnable. Mais c’est vrai que la législation sur les 0,2 % peut être un peu floue.»

On comprend mal l’urgence qu’il y avait à lever ce flou dans le pays d’Europe où on consomme le plus de cannabis récréatif, fortement chargé en THC et vendu au marché noir. En matière de santé publique, de sécurité et même de pragmatisme fiscal, le conservatisme du gouvernement est à rebours de ce qui se passe dans de plus en plus de pays. Dont le Canada (...)

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