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Cancer de Charles III : les cancers peuvent-ils vraiment "se développer à la faveur de chocs émotionnels" ?

Dans des propos rapportés sur X par Le Parisien, qu'il a ensuite démentis, Stéphane Bern évoquait "le choc émotionnel" lié à la mise en retrait d'Harry de la famille royale.

Le roi Charles III est atteint d'une
Le roi Charles III est atteint d'une "forme de cancer", selon Buckingham (Photo by Adrian DENNIS / AFP)

La "forme de cancer" dont souffre le roi Charles III est au coeur de toutes les interrogations. Interlocuteur habitué des médias pour évoquer la famille royale britannique, l'animateur Stéphane Bern a répondu au Parisien qui l'a interrogé sur le retour d'Harry pour voir son père, avec qui les relations sont tendues, et qui pourrait être un signe de la gravité de son état.

"Ce n’est pas non plus un retour toutes affaires cessantes, mais dans les prochains jours. Cette maladie va au moins servir à panser les plaies familiales toujours douloureuses. On sait que les cancers peuvent se développer à la faveur de chocs émotionnels. Et, avec Harry, l’épreuve a été très douloureuse", répond notamment l'animateur TV au quotidien.

"Une explication souvent rapportée par les patients"

Une réponse dont la seconde partie est publiée sur X par Le Parisien, dans un post depuis supprimé mais qui suscite la colère du milieu médical, évoquant un lien entre "chocs émotionnels" et "développement des cancers".

"C'est une explication populaire, souvent rapportée par les patients ou les familles de patients qui recherchent pourquoi ils sont frappés subitement par un cancer, et parfois ils ont eu un évènement traumatique comme le décès d'un proche dans leur famille", nous éclaire le professeur Jean-François Morère, oncologue.

"Pas de lien entre un stress aigu et la survenue d'un cancer"

"Il n'y a pas de lien entre un stress aigu comme la perte d'un proche et la survenue d'un cancer, car cela se développe sur plusieurs années. Mais certains malades, pour donner du sens à ce qui leur arrive, font une liaison entre la survenue du cancer et un évènement traumatique psychologiquement, car cela leur permet de trouver une explication", abonde Emmanuel Ricard, porte-parole de la Ligue contre le Cancer.

Mais pour autant, "il n'y a pas plus de cancers chez les gens déprimés ou qui ont un traitement psychothérapeutique. Le stress, les mauvaises nouvelles sont présents chez tous les individus, sans que cela ne déclenche un cancer", poursuit le professeur Jean-François Morère.

Stéphane Bern dément ces propos

Comme le souligne Le Figaro, plusieurs recherches ont pu établir une association entre un nombre important d’événements de vie stressants et certains cancers, pour autant, cela ne signifie pas qu'il y ait un lien de causalité.

De son côté, l'Institut national du cancer explique qu'"à ce jour, il n'y a pas de preuve scientifique d'un lien de cause à effet entre stress et cancer. En effet, il n'a jamais été démontré qu'un choc psychologique lié à un événement de vie stressant (un divorce, le décès d'un proche, un licenciement...) pouvait provoquer un cancer. De nombreuses études scientifiques ont exploré cette hypothèse, couramment répandue, mais elles n'ont pas permis de conclure à un rôle direct de facteurs psychologiques dans l'apparition d'un cancer", écrit l'Institut dans la rubrique dédiée aux réponses des internautes.

Le tweet du Parisien mentionnant la réponse de Stéphane Bern a depuis été supprimé et une note ajoutée dans l'interview sur l'absence de tout lien prouvé entre "chocs émotionnels" et cancer. De son côté, l'animateur précise qu'il n'a "jamais dit que le cancer du roi était dû aux problèmes avec son fils Harry".

"Les principaux facteurs de développement sont l'alcool, le tabac, certains composés de l'alimentation comme les nitrites et les acides gras trans, l'alimentation trop riche en sel et en graisse ainsi que la pollution", tient à rappeler Emmanuel Ricard, porte-parole de la Ligue contre le Cancer.

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