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Le Canada suspend ses exportations d’armes vers Israël pour réclamer un cessez-le-feu à Gaza

Mélanie Joly (ici en février 2024 à Washington) a annoncé que le Canada « n’a approuvé aucun permis » d’armes vers Israël depuis « le 8 janvier ».
BRENDAN SMIALOWSKI / AFP Mélanie Joly (ici en février 2024 à Washington) a annoncé que le Canada « n’a approuvé aucun permis » d’armes vers Israël depuis « le 8 janvier ».

INTERNATIONAL - Certains pays commencent à prendre des mesures pour tenter en vain d’apaiser le conflit entre Israël et le Hamas, dans la bande de Gaza. C’est le cas du Canada qui a décidé d’arrêter d’envoyer des armes vers Israël, confie une source gouvernementale canadienne à l’AFP, ce mardi 19 mars. Cette décision intervient après le vote non contraignant du Parlement canadien en faveur d’un « cessez-le-feu immédiat » et demandant au gouvernement de suspendre « l’approbation et le transfert » d’armes à « destination d’Israël ».

« Nous sommes dans une situation où la réalité sur le terrain ne nous permet plus » d’exporter des armes, a ajouté cette source. Tout en affirmant le droit d’Israël à se défendre, le Premier Ministre canadien, Justin Trudeau, a adopté une position de plus en plus critique à l’égard de l’opération militaire menée par l’armée israélienne à Gaza.

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« Depuis le 7 octobre, nous n’avons approuvé que des permis pour des marchandises non létales (armes conçues pour que la cible ne soit pas tuée ou blessée grièvement ndlr). Et compte tenu de l’évolution rapide de la situation sur le terrain, nous n’avons approuvé aucun permis depuis le 8 janvier », a indiqué Mélanie Joly, la cheffe de la diplomatie canadienne, qui s’est rendue la semaine dernière au Moyen-Orient.

D’après Radio-Canada, Ottawa a exporté plus de 21 millions de dollars canadiens de matériel militaire vers Israël en 2022 et 26 millions en 2021, plaçant ainsi Israël parmi les 10 principales destinations des exportations d’armes canadiennes.

Une décision qui ne fait pas l’unanimité

Cette annonce n’a pas été très bien reçue de la part d’Israël. Le chef de la diplomatie israélienne, Israël Katz, a qualifié de « malheureuse » la décision canadienne qui « sape le droit d’Israël de se défendre ». « L’histoire jugera durement cette décision du gouvernement canadien », a-t-il écrit sur X (anciennement Twitter) ajoutant qu’« Israël continuera de combattre tant que le Hamas ne sera pas détruit ».

La décision du Canada a toutefois été saluée aux États-Unis par le sénateur indépendant Bernie Sanders sur le même réseau social. « Compte tenu de la catastrophe humanitaire à Gaza, notamment de la famine généralisée et croissante, les États-Unis ne devraient pas fournir un sou de plus à la machine de guerre de (Benjamin) Netanyahu », le chef du gouvernement israélien, a-t-il commenté.

La question de la livraison d’armes à Israël a déclenché des poursuites judiciaires dans plusieurs pays dans le monde. Au Canada, une coalition d’avocats et de citoyens d’origine palestinienne avait même déposé début mars une plainte contre le gouvernement pour suspendre les exportations d’armes vers Israël, en l’accusant de violer le droit international mais aussi son droit interne.

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