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La CAN 2024 est-elle la plus belle de tous les temps?

Dans les rues d’Abidjan et de toute la Côte d’Ivoire, ce n’est même pas un sujet. Cette CAN est la plus réussie de l’histoire. "C’est la CAN de l’hospitalité!". La population locale est en effet très accueillante, et même si c’est accessoire dans une compétition sportive, c’est un premier pas vers sa réussite. Le journaliste congolais Christian Kabeya l’a tout de suite mentionné: "C’est la plus belle CAN grâce à cette hospitalité. On l’a vu lors de la troisième journée, malgré la débâcle ivoirienne 0-4 contre la Guinée Equatoriale, aucun incident! Dans d’autres pays, une telle défaite aurait causé des catastrophes. Des catastrophes! Le calme est la priorité. Et cela compte ici." Les abords des stades sont en effet très sûrs, et il n’y pas de mouvements de foule mortels comme cela a pu être le cas au Cameroun en 2022.

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Les meilleures conditions de jeu de l’histoire en Afrique

Au-delà de la sécurité, les infrastructures sont parfaites. Robert Malm, consultant RMC Sport et ancien international togolais voit la différence avec son époque (2006-2008): "L’organisation, les conditions de jeu et les pelouses surtout… c’est largement ce qui s’est fait de mieux en Afrique et ça se voit sur le terrain. La qualité du jeu produit au premier tour, c’est grâce à ça en partie. Et les staffs aujourd’hui sont de vraies armadas: médecins, kinés, attachés de presse, intendants… par rapport à il y a 20 ans, c’est le jour et la nuit. Et même si on a un vainqueur inédit, c’est la plus belle CAN organisée."

"Les petits ne sont plus spectateurs, tout le monde est utile"

La plus belle en coulisse et aussi sur la pelouse selon Malick Traoré, journaliste Ivoirien. "Avec 2,41 buts par match (même 2,47 seulement au premier tour), avec plus de 20 000 spectateurs en moyenne, le fait qu’aucune sélection ne découvrait la CAN, ça donne une des compétitions les plus relevées de l’histoire." Des éléments tangibles selon le journaliste de la NCI à Abidjan, même si on peut lui répondre qu’en 2008 par exemple, le cru avait offert 3,09 buts par match. Mais à l’époque, beaucoup de gros score étaient infligés aux petits. Ce qui n’est pas le cas dans un plateau 2024 plus équilibré. "La Namibie, l’Angola, le Cap-Vert, la Mauritanie, c’est fou! On a de la peine à pronostiquer", galère le Congolais Christian Kayeba. "C’est une CAN du travail où les petits ne sont plus des spectateurs mais obligent les gros à se remettre en question. Tout le monde est utile, il y a une diversification des résultats."

Salah, Mané, Mahrez, Onana fantomatiques: problème?

N'est-ce pas également un problème de voir tous les gros tomber et les stars ne pas briller? Salah, Mané, Mahrez, Ziyech, Aboubakar ou André Onana ont traversé la CAN comme des fantômes. Même Victor Osimhen, footballeur africain de l’année en titre, n’est pas au niveau espéré même s’il travaille énormément pour son Nigeria, devenu un des gros favoris à la victoire finale. Robert Malm évoque une histoire de calendrier: "J’aurais préféré une CAN à la fin de la saison européenne. Cela aurait permis à des joueurs de venir, pour ceux qui ont refusé la sélection afin de se concentrer sur leur club. Et les gros joueurs seraient arrivés plus libérés." Peu d’attaquant de très haut niveau se sont en effet distingués, paradoxalement avec le nombre de buts marqués. Et la faiblesse de grandes nations comme le Cameroun ou l’Algérie peuvent altérer un peu l’intérêt du tournoi.

La finale 2000 Cameroun(Nigeria indétrônable?

Pour grand nombre d’observateurs, la plus grande finale toutes CAN confondues et celle de 2000 lorsque le Cameroun a vaincu le Nigeria aux tirs au buts après un nul dantesque 2-2. Sur le terrain, d’un côté Samuel Eto’o, Patrick Mboma, Rigobert Song, Geremi et de l’autre Jay-Jay Okocha, Nwankwo Kanu, Victor Ikpeba ou Sunday Oliseh. Que des joueurs qui ont laissé une trace en Europe et dans leur pays. Aujourd’hui, le plaisir est différent avec des joueurs comme Emilio Nsue, l’Equato-Guinéen de 34 ans, en D3 espgnole et toujours meilleur buteur de la CAN, ou l’Angolais Gelson Dala, buteur d’Al Wakrah au Qatar. Malick Traoré y voit du positif: "Le football africain est en pleine évolution, en perpétuelle mutation et ces petits qui travaillent viennent bousculer la hiérarchie. Cela oblige l’Afrique à se tirer vers le haut."

Article original publié sur RMC Sport