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Calvados : déclaré mort administrativement, il doit prouver à la sécurité sociale qu'il est toujours en vie

Cette situation surréaliste pose de nombreux problèmes au retraité âgé de 75 ans, qui espère que l'erreur sera vite réparée.

Le retraité a reçu un courrier lui demandant son propre certificat de décès ! (Photo : Getty Images/iStockphoto)

Au début, il a pensé que tout cela était trop grotesque pour être sérieux. Depuis un peu plus d'une semaine, un homme âgé de 75 ans résidant à Bonneville-sur-Touques (Calvados) se retrouve plongé dans un invraisemblable imbroglio administratif. Considéré comme mort par la sécurité sociale à la suite d'une erreur, il doit désormais multiplier les démarches pour prouver qu'il est toujours vivant.

Comme le racontent France Bleu et Ouest France, tout a commencé avec un courrier adressé par la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) et reçu à son domicile le 29 janvier. Après l'avoir ouvert, le septuagénaire a certainement dû se frotter les yeux pour être sûr qu'il avait bien lu. S'adressant à lui, le courrier lui demandait en effet de fournir... son propre certificat de décès : "Monsieur POULAIN, nous vous demandons : L’acte de décès concernant Mr Jean POULAIN (information de la Carsat)".

"On vous envoie un courrier sur lequel on vous dit que vous êtes décédé"

L'absurdité de cette lettre n'a évidemment pas échappé au retraité. "On me l'adresse à moi, qui suis censé être mort, ironise-t-il, cité par France Bleu. Ils ont même prévenu mon banquier, ils m'auraient coupé les vivres du jour au lendemain. Ce que je trouve inadmissible, c'est qu'on ne vous prévient pas. On vous envoie un courrier sur lequel on vous dit que vous êtes décédé, point barre."

Après avoir rassuré son banquier sur le fait qu'il était toujours en vie, Jean Poulain a toutefois commencé à constater qu'il n'allait pas être facile de réparer cette bourde administrative qui l'a automatiquement rayé des registres. Ces derniers jours, le septuagénaire et sa fille ont ainsi dû multiplier les démarches auprès de la CPAM, de la Carsat (organisme chargé notamment de la gestion des pensions de retraite), mais aussi de sa mutuelle de complémentaire retraite.

La Carsat promet de réparer rapidement l'erreur

Le père et la fille se sont entretenus vendredi dernier avec un responsable de la Carsat de Lisieux, qui leur a affirmé que l'erreur provenait d'un "organisme tiers" ayant signalé une présomption de décès. Le responsable a également assuré au retraité que la situation serait rétablie d'ici quelques jours et que la Carsat allait contacter directement les services concernés.

En attendant, Jean Poulain reste donc décédé administrativement et s'inquiète des conséquences de cet état de fait en cas d'urgence médicale. "Ça fait huit jours que l'on ne dort pas, résume le septuagénaire, toujours cité par France Bleu. Je passe mes journées à angoisser parce que j'ai des problèmes de santé importants. Pour la sécu, on me répond 'ah bah non, nous on fait rien'. Avec ma fille, on va devoir continuer à se battre."

"Franchement, j'ai eu la haine, renchérit cette dernière. Il a des problèmes de santé importants. Si demain il a besoin d'être hospitalisé, on fait comment ? Il n'a plus de sécurité sociale, plus de mutuelle. Ce n'est pas comme une erreur de dossier. Ils ont fait mourir quelqu'un administrativement et à partir de là, on perd tous ses droits et c'est grave."

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