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C’est officiel : Prabowo Subianto est élu président de l’Indonésie

Ce jeudi 21 mars 2024, la une de Kompas est surchargée, à l’image du sujet qu’elle évoque : le scrutin démocratique le plus complexe du monde, qui s’est déroulé trente-six jours plus tôt. Le quotidien affiche les photos des trois duos de candidats à l’élection présidentielle (chaque “ticket” associant un candidat à la présidence et un à la vice-présidence), ainsi que les logos des 18 partis politiques en lice pour les législatives, avec leurs résultats respectifs. Le titre “Prabowo élu président” est noyé au milieu de ce carnaval électoral.

Pourtant, la victoire, dès le premier tour, de l’actuel ministre de la Défense – associé à Gibran Rakabuming Raka, fils du président sortant, Joko Widodo – est écrasante : il a recueilli 96 214 691 votes valides sur un total de 164 270 475, soit 58,59 % des voix.

Ces résultats, annoncés le 20 mars au soir par la commission électorale, “ne diffèrent pas de ceux du décompte rapide de l’Institut de recherche et développement de Kompas qui, à la sortie des urnes le 14 février, annonçait le chiffre de 58,47 %”, se félicite le quotidien.

Un décompte achevé in extremis

La confirmation du décompte manuel dans les 820 161 bureaux de vote de l’archipel est intervenue quelques heures seulement avant l’expiration du délai fixé par la Constitution, qui est de trente-cinq jours après le scrutin. L’organisation des élections générales, pour lesquelles quelque 205 millions de personnes sont appelées aux urnes, pose de nombreux défis logistiques sur un territoire composé de milliers d’îles.

Le 19 mars, à la veille de la date butoir, deux provinces de Papouasie, dans l’est de l’Indonésie, n’avaient toujours pas terminé le décompte. Les représentants des deux commissions électorales locales ont dû affréter un avion privé pour pouvoir arriver à Jakarta le jour J à midi.

Un retard dans l’annonce officielle des résultats aurait permis aux deux adversaires de Prabowo Subianto à la présidentielle d’attaquer la commission électorale pour incompétence. L’un d’eux, Anies Baswedan, arrivé deuxième avec seulement 24,95 % des voix, a malgré tout déclaré à Kompas qu’il intenterait une action en justice auprès de la Cour constitutionnelle, “parce qu’il ne veut pas que les diverses irrégularités qu’il a constatées lors de l’élection passent sans [laisser de] trace et créent un mauvais précédent pour toutes les futures élections”. Le chef de son équipe de juristes a annoncé, le jeudi 21 mars, qu’une demande avait bien été déposée devant cette juridiction “pour contester l’élection”.

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